Jijel - A la une

Eligible à l'exportation



On a souvent tendance à croire que tout ce qui tend à développer le pays se pense à Alger, la capitale, et nulle part ailleurs. On aurait tort, bien entendu, de s'en tenir à une réalité aussi peu fiable et de renoncer aux faits qui se démarquent de la tendance à ne s'intéresser qu'à ce qui fait frémir le sérail. Il arrive, lorsque l'on parcours un papier plutôt plaisant, que l'on tombe sur une information inattendue.Dans un article traitant d'exportation de lentisque vers la Hollande, publié il y a quelques semaines par le Soir d'Algérie, on apprend que 125 000 personnes avaient, par exemple, fui leurs hameaux durant la décennie rouge.
Les chiffres avancés concernaient, selon le correspondant de presse, les seules années 90, mais l'article en question ne disait pas si le nombre de déracinés concernait la seule région de Jijel ou l'ensemble du territoire. Puisque c'est de lentisque qu'il était question, de repeuplement de douars désertés et de création d'emplois pour encourager le retour d'habitants qui avaient tout abandonné pour échapper à la barbarie terroriste, peut-être ne s'agissait-il que de la seule région de Jijel. Est-ce que les projets conclus par l'administration locale et les emplois qu'elle projette de créer en vue de ladite exportation vont favoriser un retour ou, à défaut, sédentariser ceux qui ont choisi de rester ' Quoique très intéressante, l'information qui renseigne sur la volonté de dynamiser des structures régionales en mal de partenaires locaux ou extérieurs, on ne comprend pas pourquoi ce n'est pas cette nouvelle pourtant réjouissante qui retient l'attention. Pourquoi faire une fixation sur ce que sont devenus les milliers de personnes, qui avaient déserté leurs localités pour fuir le danger et dont on ne sait pas si la fameuse réconciliation adoptée pour faire revenir la paix a permis ou pas de repeupler les villages abandonnés. Elles sont tellement embarrassantes ces informations qui, au lieu de nous réconforter, nous renvoient à des blessures non encore cicatrisées. Comme celle portant sur l'exportation d'un produit naturel vers des contrées moins soumises à l'exode et au renoncement.
M. B.
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