Comment promouvoir le tourisme dans un pays qui est en guerre contre les shorts ' Alors que tous les regards convergent sur la porte de secours et que les réflexions cogitent sur les moyens de sortir de la crise économique, on en est encore à s'interroger sur le futile.Si le gouvernement a solennellement décrété que l'agriculture et le tourisme pouvaient représenter sérieusement un palliatif au sang de la terre, ailleurs, en Algérie, un maire décide d'interdire le port du short dans les agglomérations urbaines et en centre-ville pour faire un peu comme à Barcelone. Mais voilà, El Aouna ce n'est pas Barcelone et ne le sera jamais, le seul point commun étant la proximité de la mer. Si la capitale de la Catalogne a décidé, en 2010, de mener une campagne contre le bikini en centre-ville pour des raisons de décence évidente connaissant la proportion du deux-pièces à couvrir le corps, El Aouna, une commune côtière de Jijel, a frappé les esprits en mettant le short hors la loi. On pourrait comprendre l'interdiction dans les administrations, quoique, mais de là à empêcher les gens de se promener en short alors qu'il fait 40 degrés à l'ombre, il fallait le faire. L'édile s'est justifié en arguant que l'arrêté existe depuis des années et il n'a fait que le réanimer. Soit, dans ce cas, et si on suit sa logique, les Françaises n'avaient pas le droit effectif de porter le pantalon jusqu'en 2013 avec l'abrogation officielle d'une ordonnance de 1800 qui interdit aux femmes de s'habiller en homme. Bref, et si le maire a fait marche arrière en dernier lieu, il aura fait perdre à tout le monde du temps et de l'énergie, contribuant un peu plus à donner une piètre image de ce qu'est l'Algérie du tourisme. Et on ne parle même pas des étrangers, mais de nos nationaux à qui on reproche d'aller dépenser leurs euros en Tunisie ou chez Erdogan. El Aouna, tout comme les communes côtières d'Algérie, ne donnent vraiment pas envie d'y passer ne serait-ce qu'un jour tant les conditions d'hygiène, de séjour et de prestations de service sont indigentes. Les tarifs affichés par nos complexes touristiques frisent l'irrationnel tant le rapport qualité-prix est largement faussé. Mais c'est cette mentalité de rentiers, à tous les niveaux sociaux, qui freine réellement le renouveau du tourisme et tant que le jeune pense qu'un poste d'agent de sécurité ou un prêt Ansej à gaspiller dans les boîtes de nuit valent mieux que travailler la terre ou se faire une raison pour servir le touriste, l'Algérie devra veiller à ce que le pétrole ne se tarisse jamais.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com