Naguère réputée paisible,
la ville de Jijel a découvert
un nouveau hobby
qui, au lieu de réchauffer les
esprits, ne fait que les
chauffer : les nuées de motos
qui sillonnent bruyamment les
principales artères de la cité,
même de nuit, est manifestement
une source de nuisance
que peu de citadins semblent
prêts à supporter plus longtemps.
Cette «activité» redouble de férocité
pendant les veillées du
mois de Ramadhan, comme
c'est le cas ces jours-ci avec de
«véritables rodéos montés par
des jeunes semblant peu soucieux
du vacarme qu'ils provoquent
et, surtout, du risque très
réel de perdre la vie, du fait des
excès de vitesse et des périlleuses
incartades qu'ils effectuent
sur leurs deux-roues»,
s'insurge un citoyen résidant
pourtant dans un quartier réputé
calme. D'aucuns remarqueront
que ce phénomène est encore
plus présent après le f'tour
lorsque des jeunes motocyclistes
se livrent à des démonstrations
très audacieuses, comme
le fait de cabrer leur engin,
roulant à tombeau ouvert, non
sans assourdir la cité censée
être emmitouflée dans l'embrun
marin de douces journées
aoûtiennes.
Le départ des vacanciers,
peu avant le début du
mois sacré de Ramadhan, a été
supplanté par ces jeunes dont
«le seul souci est de ''briller ,
et peu importe le nombre de
décibels qu'ils déversent démesurément
sur toute la ville», se
lamente à juste titre une jeune
retraitée. Petites ou grosses cylindrées
se donnent, en effet,
régulièrement rendez-vous
après la rupture du jeûne pour
un marathon à travers les principales
artères de la ville, offrant
un spectacle aux risques
énormes pour ces nouveaux
adeptes de Easy Rider, sans
casque de protection et, très
probablement, sans police d'assurance.
L'un des exhibitionnistes,
pourtant victime à trois reprises
d'accidents graves,
avoue braver encore la mort
avec sa grosse cylindrée dont le
bruit rugissant ne s'estompe
qu'à l'heure obligée de l'imsak,
faisant beaucoup d'émules parmi
ces «pilotes» slalomant à
l'envi entre les files de voitures
dans et en dehors de l'agglomération.
«Ces candidats à la
mort constituent un danger potentiel
pour eux-mêmes et pour
autrui», rappelle à l'évidence
un citoyen excédé qui plaide
pour une application stricte de
la loi à l'égard de ces conducteurs
d'engins mortels. Au final,
souligne-t-on, la ville de
Jijel qui se couchait et se réveillait,
il y a quelques années à
peine, dans un calme réparateur,
n'échappe plus aujourd'hui
à cette «pollution sonore»
qui gagne, par ailleurs, bien
d'autres contrées, en Algérie et
de par le monde.
Il reste qu'en ces jours bénis, il
faut souhaiter que les plus
sages d'entre les habitants de la
cité ne manquent pas de rappeler
les parents à leurs responsabilités
vis-à-vis de leur progéniture,
et d'appeler, dans la vie
courante comme dans leurs
prières, les jeunes gens à la retenue
et au respect de l'autre
pour ne plus jamais confondre
Ramadhan et ramdam.
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Posté par : sofiane
Source : www.elwatan.com