C'est comme si on était au temps des Souks El Fellah, où les pénuries faisaient rage ; le pharmacien est entre deux feux : face à son malade qui revendique ses médicaments, et affrontant le diktat de la vente concomitante que lui imposent les grossîtes; le quota n'est satisfait que par la condition de cette pratique, pourtant interdite par la loi.
Chaque fois qu'un produit en rupture est demandé, on nous impose d'autres dont on n'en veut pas, toute commande est soumise à ce marchandage. Quelle honte pour ce secteur pourri par des pratiques mercantiles, qui n'en a cure de la santé du malade, et même de sa vie !» !
C'est en ces termes qu'un pharmacien qui a visiblement gros sur le c'ur, a abordé avec nous la question des produits manquants. «Aucun produit n'est épargné par les ruptures», dit-il. Cette situation a conduit, confesse-t-il, à des pratiques mafieuses et de «trabendo» qui nuisent à la santé du malade.
Des produits sont introduits frauduleusement de Tunisie, d'autres sont ramenés par cabas via des circuits non contrôlés. Des médicaments non agrées en Algérie sont vendus comme des bonbons au triple de leurs prix. Traînant une lourde pathologie chronique compliquée par une atteinte cardiaque, un malade raconte qu'il n'a pas pris son médicament depuis une année. «Je sais que mon pharmacien le ramène de Tunisie, mais moi je n'ai pas les moyens de l'acheter au triple de son prix ; et mon médecin m'a dit qu'il est irremplaçable», révèle, à bout de souffle, ce malade. «Pourquoi je suis assuré si je n'arrive pas à me soigner dans ce pays ' Qui peut se mettre à ma place et me comprendre, je suis souffrant et je risque de mourir à tout moment», s'indigne-t-il. Sur le même ton, un médecin spécialiste soutient que tout malade qu'il ausculte le revoit deux à trois fois pour lui changer d'ordonnance et lui prescrire un autre médicament pour remplacer celui en rupture.
Les femmes enceintes, hypertendues sont les premières victimes de cette situation, avoue un praticien. L'Adomet, le seul remède à leur mal, est introuvable. Ce médicament a fait une brève apparition avant de disparaître. On se le procure en Tunisie, fait-on savoir.
Des centaines de produits tout aussi indispensables les uns que les autres, sont introuvables. Les malades atteints de pathologies rénales, cardiaques, de rhumatismes, pour ne citer que ces cas, sont livrés au risque de graves complications, faute de médicaments.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djihane Z
Source : www.elwatan.com