Jijel - A la une

Des estivants insouciants face au Covid



En dépit de la fermeture des plages et les interdictions imposées par les pouvoirs publics dans le cadre du respect du protocole sanitaire en vue de combattre la chaîne de contamination du coronavirus force est de constater que le flux d'estivants avec ses risques encourus dans la propagation de cette pandémie se poursuit toujours sur la wilaya de Jijel.Les trois hôpitaux reçoivent quotidiennement une moyenne de plus de 170 patients atteints du covid-19.
« Il y a de nombreuses familles qui louent toujours des logements dans notre quartier malgré la fermeture des plages. Elles viennent de partout, de Batna, Setif, Oum-el-Bouaghi, Tébessa, et notamment de certaines wilayas du sud du pays», nous a confié Badreddine habitant le quartier Laâkabi. « Elles profitent du relâchement des agents de l'ordre aux environs de 17 h pour aller se baigner à la plage Chelalawa longeant l'Institut national de formation professionnelle. C'est un sérieux risque de contamination. Pour eux, le plus important est de passer des jours en bord de mer et fuir la fournaise du Sud », a-t-il ajouté.
«Je croise de nouvelles têtes de passagers notamment des femmes visiblement de Ouargla et de Biskra à bord du bus desservant la ligne Herratane au centre-ville de Jijel », nous affirme Ali, un jeune receveur habitant le quartier mitoyen à la mosquée Omar-Ibn-Khettab.
« Il y a même des passagers qui cherchent auprès du chauffeur du bus des locations d'été pour leurs poches », a souligné notre jeune interlocuteur qui nous a indiqué que les quartiers Mezghiten-Heddada, Laârièche et Ekete et le 3e Kilomètre pullulent d'estivants dont la contamination au Covid-19 constitue le dernier souci face à la chaleur suffocante qui sévit dans certaines régions du pays. Certains courtiers estiment que la location chez l'habitant a pris de plus en plus d'ampleur en dépit des interdictions. Ils affirment que cette tendance touche même les régions rurales et montagneuses qui offrent des prix abordables surtout avec la démocratisation de la voiture.
Ces familles préfèrent les plages non surveillées à une heure tardive de l'après-midi pour être loin des regards des agents de l'ordre fortement sollicités avec le dispositif mis en place par les services concernés durant cette période particulière.
Du côté des hôpitaux, les clignotants sont au rouge car les trois établissements hospitaliers de la wilaya totalisant 800 lits sont saturés. « On était contraints hier de faire de la gymnastique pour dénicher un lit afin d'hospitaliser un vieux de 80 ans dont l'état critique nécessite une transfusion sanguine à hôpital Saïd-Mejdoub de Taher », nous a confié l'un de ses proches.
Face à des hôpitaux qui sont devenus des mouroirs, le flux d'estivants se poursuit toujours. Ainsi, d'aucuns interpellent le chef de l'Exécutif pour la prise de mesures urgentes afin de sauver des vies humaines, dont la fermeture pure et simple de la wilaya...
Bouhali Mohammed Cherif
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