Jijel - A la une

Des doléances à la pelle pour le wali de Jijel



En tournée dans les communes de Ghebala et de Settara, le wali de Jijel, Abdelkader Kelkal, a eu du mal à écouter les nombreux citoyens, venus se plaindre auprès de lui sur leur triste quotidien. Assailli par des lettres de doléances que des mains anonymes lui tendent de toutes parts, il a dû faire preuve de patience pour écouter tout ce monde, venu à sa rencontre. De prime abord, et après avoir visité une salle de soins au c?ur du centre urbain de Ghebala, une commune enclavée à une centaine de kilomètres à l'extrême sud-est du chef-lieu de la wilaya, le bal des doléances est ouvert. Un jeune surgit et interpelle l'hôte de la région : "En 2020, nous vivons dans le noir et dans une totale obscurité."Les responsables du secteur énergétique à Jijel sont dans le collimateur de nombreux citoyens. "On aurait bien aimé les voir ici", lance-t-on en ch?ur. L'électrification rurale est au c?ur des doléances soulevées. Dans cette commune, une bonne partie de la population rurale vit encore sans électricité, selon les nombreux citoyens présents sur les lieux de ce rassemblement improvisé à l'occasion de cette visite. "J'ai 26 ans et je n'ai pas connu l'électricité", tonne ce jeune qui revient à la charge. Ce dernier, comme d'autres, rappellent que le gaz n'a pas été raccordé à toutes les habitations, avant de s'attaquer à un autre problème : l'isolement.
Dans ces contrées à mille lieues de la vie, on se plaint de l'absence d'un réseau de route qui relie les mechtas environnantes au chef-lieu de la commune. "Nous vivons l'angoisse à chaque épisode d'intempéries de peur de voir nos enfantas emportés par les crues de l'oued", nous fait part un citoyen, rencontré dans la foule. "Un tiers de la population de la région est plongé dans l'isolement", confirme le P/APC, avant que le wali ne le stoppe pour lui faire remarquer qu'il y a des projets qui sont en cours.
Dans le sillage de ces interventions, où on se bouscule pour déballer ce qu'on a sur le c?ur devant le wali, des jeunes reviennent à la charge et interpellent ce dernier sur des malfaçons dans les travaux de réalisation d'une route, récemment bitumée. "Nous avons stoppé les travaux à deux reprises, et le chef de l'entreprise nous a dit d'aller nous plaindre à la gendarmerie", martèlent-ils. Bien sûr que la couverture sanitaire a été présente dans les préoccupations soulevées, à tel point que la demande de l'ouverture d'un point de garde et de la mise à la disposition de la commune d'une ambulance est revenue à plusieurs reprises dans les interventions.
En attendant que leur v?u soit exaucé, la population n'a plus qu'à se contenter d'une salle de soins soigneusement aménagée qui leur assure des consultations médicales et de chirurgie dentaire, en plus des soins infirmiers. À la deuxième halte du wali, revoilà le problème de la route mal bitumée qui ressurgit. Face à la persistance des citoyens qui se plaignent avec insistance de cette malfaçon, le wali ordonne l'ouverture d'une enquête en collaboration avec la gendarmerie et les services concernés.
Au troisième point de cette visite, encore des malfaçons, dénoncées cette fois-ci par le wali lui-même dans une maison de jeunes en phase d'achèvement, avant qu'il ne soit interpellé de nouveau par des citoyens qui se plaignent d'une multitude de problèmes. À Settara, quasiment les mêmes doléances sont revenues lors d'une autre rencontre avec des citoyens, qui n'ont eu de cesse de se plaindre beaucoup plus du problème du logement, du manque des infrastructures sportives et d'autres structures pour dynamiser l'activité économique locale, totalement paralysée.
Une consolation est cependant venue apaiser la souffrance de cette population quand un important projet d'AEP a été dévoilé. Il s'agit du raccordement imminent de toute la région au dispositif du barrage de Boussiaba, qui sera inauguré au plus tard au mois de juin prochain. Un dispositif ambitieux qui mettra à coup sûr un terme à la souffrance des populations locales en matière d'AEP.

Amor Z.
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