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Constantine - Mercuriale



Constantine - Mercuriale
«Entre deux saisons, la mercuriale balance», nous a répondu hier en riant un marchand de légumes du marché des Frères Bettou, situé en plein centre-ville de Constantine, lorsque nous avons tenté de lui demander une explication sur la fluctuation que connaissent actuellement les prix des fruits et des légumes sur la place marchande de la ville. Puis il laissa tomber en nous disant que le commerce des fruits et légumes est en plein marasme. Les gens ne se ruent plus comme avant pour «piller» les stands à l'arrivée des produits frais de saison sachant que la plupart des produits qu'on leur propose proviennent de la culture en serres, et ils ne sont pas emballés par ces produits qui proviennent généralement des wilayas du Sud comme El-Oued et Biskra. «Ils sont plutôt attirés par les produits des wilayas côtières, comme Jijel, Collo et Mostaganem pour sa pomme de terre». Et de nous montrer les petits pois frais cultivés sous serre dont le prix s'est effondré jusqu'à atteindre 60 dinars le kilo. Et encore, ils ne trouvent pas preneur alors que c'est un légume qui est généralement attendu par les ménagères qui le congèlent en perspective du Ramadan. Mais les commerçants du marché Boumezzou considèrent que la mercuriale des prix «est tout à fait normale si l'on considère que le mois d'avril constitue le mois charnière entre deux saisons, le printemps et l'été». Et de prendre exemple sur les fruits qui ont disparu des étals en laissant la place aux fraises de Jijel, dont le prix au kilo s'est effondré en se stabilisant à 120 dinars. Les fruits d'arrière-saison comme les oranges sont hors de prix, entre 150 et 200 dinars le kilo la locale et 340 dinars celle importée. D'autres qui font leur apparition comme les nèfles et les pêches du terroir sont proposées à 500 et 350 dinars le kilo. N'est-ce pas un peu exorbitant ' Avons-nous demandé. «Non, c'est normal parce que ce sont des primeurs. Et puis ils seront rapidement revus à la baisse avec les arrivages de masse attendus pour dans une quinzaine de jour», nous a-t-on répondu.Quant à la baisse des prix du poulet dont le kilo s'est négocié cette semaine entre 200 et 210 dinars, nos interlocuteurs l'ont expliqué par l'arrivage massif de la production car, selon eux, avec le réchauffement de la température, les producteurs viennent tous en même temps déverser leur production dans les marchés. Et c'est ainsi qu'il a été cédé aux grossistes à 140 dinars, selon des marchands de Magrofel, le marché de gros des fruits et légumes de Boussouf. A une autre remarque que nous avons faite sur la faible fréquentation des marchés que tout le monde a remarqué, l'explication est vite donnée: «C'est normal aussi, ont-ils avancé, car nous sommes en fin de mois et les retraités, les salariés et les travailleurs des entreprises économiques n'ont pas encore touché leur paie. Mais cela ne constitue qu'une moitié de l'explication car le marasme que connaît le commerce des produits de consommation courante résulte aussi du fait que, comme nous l'avons dit, c'est une période charnière où il faut tenir compte du pouvoir d'achat des ménages qui a baissé avec la situation économique du pays, du développement du phénomène nouveau des fast-foods où les gens ont tendance maintenant à faire ‘relâche' de temps en temps en prenant de simples casse-croûtes de Chouarma au lieu de préparer les repas à domicile avec tout ce que cela coûte comme dépenses en préparation, en gaz, etc. C'est dire qu'avec le temps et le développement, les gens commencent à compter leurs sous». Ces facteurs expliquent-ils pourquoi le haricot vert est à 300 dinars le kilo ' Mais les marchandes ont réponse à tout: c'est tout à fait conjoncturel, disent-ils, car ce produit qui est actuellement sur le marché provient des serres. «Attendez l'arrivée, dans une quinzaine de jours, des produits de la région de Collo et de Jijel et vous verrez que le prix des haricots verts sera certainement de 100 dinars», ont affirmé avec assurance nos interlocuteurs.La tomate à 80 dinars, l'oignon sec à 90, la pomme de terre encore pleine de terre à 50 dinars n'ont pas soulevé d'objections parmi la clientèle des deux marchés. Mais la salade verte à 180 et 190 dinars le kilo. Et là, les marchands ont encore expliqué que le marché de la salade est totalement dominé par «certaines personnes qui achètent à l'Ouest, au Sud et à l'Est par champs entiers et imposent aux marchands de gros une salade encore dégoulinante d'eau qui a servi à son lavage. Et c'est pourquoi on trouve les prix élevés», ont-ils conclu.


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