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Africaver menacée par les importations



Africaver menacée par les importations
Implantée dans la zone industrielle de Ouled Salah (Taher, wilaya de Jijel), l'entreprise publique économique Spa Africaver se trouveconfrontée à une chute importante de ses ventes : de 15 000 tonnes par an, l'usine tourne actuellement autour de 8000 tonnes.Depuis le début de l'année 2014, le seul producteur national de verre imprimé, en l'occurrence l'entreprise publique économique Spa Africaver, dont le siège social se trouve au niveau de la zone industrielle de Ouled Salah (Taher, wilaya de Jijel), est confronté à une chute importante de ses ventes. Dotée d'une capacité de production de 15 000 tonnes par an, l'usine de Ouled Salah ne tourne actuellement qu'autour de 8000 t/an, soit pratiquement la part du marché de l'entreprise, nous précisera le Pdg de la société, Ahcène Betatache, rencontré dans les locaux de l'entreprise. L'analyse de la situation mène vers un soupçon de dumping autour du verre imprimé. M. Betatache nous dira : «nous avons constaté une chute de 50% de nos ventes au premier semestre 2014, en dépit des actions commerciales entreprises à même de freiner ce recul. Nous avons pris la décision de réduire par deux fois les prix pour atteindre une baisse globale de 24%.Devant la chute continue des ventes, nous sommes passés à l'analyse du marché. La consultation des statistiques nous a permis de découvrir une inondation du marché national par du verre imprimé avec des quantités en inadéquation avec la demande locale. Certes, nous avions en premier soupçonné la grève qui avait touché l'usine, mais en analysant les statistiques nous avons remarqué que les importations ont grimpé de 3917 tonnes en 2008 à 10 126 tonnes en 2013 et à 10 078 au premier semestre 2014.»Quel est le but de ces importations massives alors que le marché ne peut absorber ces quantités ' Telle est la question posée au niveau d'Africaver. Y a-t-il une volonté non avouée de mettre à genoux l'outil productif national ' Autrement, comment expliquer le déséquilibre actuel, alors que les besoins nationaux se sont stabilisés à environ 10 000 tonnes par an de verre imprimé ' Le producteur national détenait une part de 6000 à 8000 tonnes par an et le reste revenait aux importateurs qui, de prime abord, prennent décidément le dessus sur le produit national.DumpingPlus grave encore, les importateurs sont accusés de faire du dumping, pratique qui tombe sous la coupe de l'ordonnance 03-04 du 19 juillet 2003, relative aux règles générales applicables aux opérations d'importation et d'exportation de marchandises.Avec des marges qui ne dépassent guère les 5%, les spécialistes jugent que la vente ne peut se faire qu'à perte, ce qui expliquerait des visées tendant à faire disparaître la production locale de verre imprimé.Appliquer les mesures de sauvegardeAu cas où de telles intentions se confirmeraient, les pouvoirs publics sont appelés à mettre en ?uvre les dispositions de l'article 8 de l'ordonnance précitée qui stipule que «la production nationale peut bénéficier d'une protection tarifaire, sous forme de droits de douane ad valorem et de mesures de défenses commerciales telles que définies par la présente ordonnance», ainsi que l'article 10 qui définit l'application des mesures de sauvegarde «à l'égard d'un produit si ce dernier est importé en quantités tellement accrues qu'il cause, ou menace de causer un dommage grave à une branche de production nationale de produits similaires ou indirectement concurrents».Au chapitre des mesures de sauvegarde provisoires, l'article 8 du décret exécutif 05-220 du 22 juin 2005 fixant les conditions et les modalités de mise en ?uvre des mesures de sauvegarde par l'ordonnance 03-04, énonce que «dans des circonstances critiques où tout délai cause un dommage qui est difficile de réparer, une mesure de sauvegarde provisoire est appliquée après qu'il ait été déterminé, à titre préliminaire, suite à l'enquête, qu'il existe des éléments de preuve manifestes selon lesquels un accroissement des importations a causé ou menace de causer un dommage grave».En dépit de cette situation, Africaver ambitionne de s'inscrire dans la politique nationale de sous-traitance initiée par les pouvoirs publics. De ce fait, l'entreprise a élaboré un projet neuf dédié à satisfaire toute la demande nationale de l'industrie automobile (SNVI, usine de Tiaret, Renault?) et les projets du matériel agricole, de levage et de travaux publics.Ahcène Betatache souligne qu'un travail a été fait et qu'Africaver est en attente qu'il fasse l'objet d'un traitement au niveau du Comité des participations de l'Etat (CPE) pour sa concrétisation sur le terrain.


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