
La situation des infrastructures hôtelières dans la wilaya de Jijel frise actuellement le ridicule et rien ne semble encourager le développement de ce secteur, bien au contraire, les investisseurs semblent plutôt le fuir.Un regard serein sur cette situation est plus que nécessaire. Sur les 26 hôtels recensés par la direction du tourisme dans son document présenté devant l'APW dans sa récente session, pas moins de 7, soit 27 % sont inexploités, privant ainsi le parc hôtelier de pas moins de 534 lits, soit 30 % des capacités d'accueil.Devant une telle déconvenue, d'aucuns penseraient que des mesures incitatives seront déployées pour convaincre des investisseurs à se lancer dans le domaine. Les hôtels fermés le sont principalement par des mesures administratives prises par arrêté du wali, alors que deux l'ont été par décision de justice pour le premier et pour cause de travaux pour le deuxième. La situation présentée par la commission de l'APW donne un recul du nombre d'hôtels et de lits entre 2014 et 2015.Les hôtels ont regressé d'une structure faisant chuter le nombre de lits de 74 places. La période qui a enregistré l'éclosion du plus grand nombre de structures hôtelières est celle qui va de 1985 à 1999 puisque près de 50% (12 hôtels) du parc a été réalisé durant cette époque.La période antérieure à 1985 a été caractérisée par l'existence de 8 hôtels, alors que durant celle allant de 1999 jusqu'à aujourd'hui la proportion n'est que de 23 % soit seulement 6 hôtels. La commission de l'APW a relevé une incohérence du fait de la fermeture administrative de structures hôtelières après retrait temporaire de l'autorisation d'exploitation qui ne doit pas, selon la même commission, dépasser 6 mois, avant d'aller vers la retrait définitif.Sur les 26 hôtels existants, 15 se trouvent au niveau du chef-lieu de wilaya, renseignant ainsi sur l'indigence en matière d'hôtellerie dans les autres communes, particulièrement celles qui ne disposent pas d'une façade maritime. L'essentiel des structures sont érigées exclusivement d'ailleurs dans les communes côtières comme Jijel, Taher, Emir Abdelkader, El Aouana, Ziama Mansouriah, Sidi Abdelaziz, Oued Adjoul et El Milia.La commune côtière d'El Kennar demeure tout de même sans le moindre hôtel. L'investissement dans le domaine touristique sur des assiettes relevant du domaine privé de l'Etat concerne 24 dossiers pour une superficie de 462622 m2. Sur cette superficie, seulement 71300 m2 ont été exploités pour ériger 4 structures touristiques.Deux autres projets, réalisés sur 3084 m2, ne sont pas encore entrés en exploitation, alors qu'au niveau de trois autres ayant acquis 7651 m2, les travaux sont à l'arrêt. Le reste des 82% de l'ensemble des assiettes, soit 380587 m2 concerne 15 projets qui n'ont pas encore démarré (6), qui ont changé la nature de l'investissement (3) ou dont l'assiette a été récupérée (6 projets) pour une superficie de 263318 m2.Sept concessions dans le cadre du CalpirefPour ce qui est de l'investissement dans le cadre du Calpiref (Comité d'assistance à la localisation et à la promotion des investissements et de la régulation du foncier), sept concessions ont été octroyées pour des investissements au niveau de la commune d'El Aouana (5 hôtels, une résidence touristique et un centre commercial) sur une superficie de 96970 m2.La réalisation de ces infrastructures devrait augmenter la capacité de 1616 nouveaux lits. Pour ce qui est de l'investissement sur des terrains privés, 17 dossiers totalisant 1711 lits sont recensés, dont un n'attend que la mise en exploitation. Treize projets n'ont pas encore démarré, alors que deux sont en cours de réalisation et les travaux à l'arrêt au niveau d'un autre.Vingt-sept ans sont passées après la promulgation du décret 88-232 du 5 novembre 1988 portant déclaration des 19 zones d'expansion touristique dont la superficie se réduit ? sur papier et sur terrain ? comme une peau de chagrin risquant de ne laisser à l'avenir que des poches inutilisables.Au même moment, les propriétaires des terrains sont pénalisés puisqu'ils ne sont autorisés, ni de disposer de leurs biens, ni de se lancer dans quelque transaction immobilière ! Une injustice qui mérite bien qu'on y mette un terme. Dans une wilaya connue jusque-là pour son impécuniosité, espérer voir de sitôt de grands ensembles hôteliers d'un certain standing relève purement de la chimère.Une réflexion sur la tendance à imprégner au secteur est urgente pour ne pas continuer à tergiverser sans le moindre changement notable d'ici une autre décennie. C'est pourquoi l'encouragement des petits hôtels ne nécessitant que des investissements mesurés et à moindre risque paraît être la solution transitoire dans une wilaya qui se complait pour le moment de la location chez le particulier. Une procédure réglementée par une circulaire quasiment introuvable sur le Net, faisant douter qu'il s'agisse d'un texte secret, alors que le citoyen-loueur est censé le connaître.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fodil S
Source : www.elwatan.com