Le développement de filières locales du recyclage semble devoir être le corollaire de la situation économique prévalant dans le Grand-Sud du pays où la réutilisation de matériaux, le ré-usage optimal de déchets considérés comme des matières premières sont un impératif qui pourrait impacter de manière considérable l'économie locale. D'après l'étude réalisée récemment par le cabinet conseil algérien Brenco, en coordination avec l'équipe du projet BAYF (Building Algerian Youth's Future), l'avenir de ce créneau d'activité dans les deux wilayas de Tamanrasset et d'Illizi, qui génèrent plus de 420 tonnes de déchets par jour, est plus que prometteur. Pour cela, il a été préconisé d'accorder un accompagnement particulier aux différents intervenants dans ce domaine en impliquant toutes les parties prenantes devant s'orienter vers de potentiels marchés dont le plastique, le verre, les huiles, le papier, le compostage et les peaux animales, lesquelles sont, faut-il le signaler, exportées, actuellement, frauduleusement vers le Niger pour tannage. Les experts ont également recommandé de former les fondateurs d'entreprises activant dans ce domaine et de leur offrir un soutien financier en mesure de booster cette industrie qui se limite, jusque-là, à transformer les déchets en matière première pour les industries du plastique, et ce, sachant que la production journalière de déchets ménagers pour les wilayas d'Illizi et de Tamanrasset s'élève à 0,5 kg par habitant.Ce qui offre aux sociétés de recyclage la possibilité de créer plusieurs débouchés et opportunités d'embauche via la transformation partielle ou totale de cette matière première en produits finis de large consommation qui, indique-t-on, pourraient être commercialisés tant sur le marché local que national, à l'exemple des pots, des poubelles et des outils agricoles. Tout en insistant sur l'importance de valoriser le tri sélectif et le traitement des emballages avant leur enfouissement, les analystes de BAYF ont mis l'accent sur les secteurs producteurs dans ces wilayas du Grand-Sud sans pour autant polluer l'environnement, bouleverser les écosystèmes et épuiser les ressources naturelles, d'où l'obligation d'utiliser des ressources renouvelables.
L'amélioration du tri à la source permet non seulement d'augmenter les volumes amassés, mais suscite aussi chez l'usager le sentiment d'être le citoyen éco-responsable qu'il devrait être dans le but d'insuffler une dynamique à l'économie locale en soutenant la consommation de matières issues du recyclage et génératrices de bénéfices environnementaux.
RABAH KARECHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah Kareche
Source : www.liberte-algerie.com