
Combien sont-elles, les femmes qui ont entendu parler du bakhnoug ' Ce large foulard plié en pointe et qui servait de fichu aux femmes de la Mitidja coté Est a été mis, sans aucun doute, aux oubliettes. Mme Hadda, une vénérable grand'mère du village Corso, elle, a porté le bakhnoug jusqu'à la fin.En coton ou en laine selon les saisons, le châle d'alors est le «khimar» d'aujourd'hui. Ils ont la même fonction. L'appellation a seulement changé. Sur les deux foulards fins, un couvrant les cheveux, le deuxième scindant le front, venait le bakhnoug confectionné avec du tissu acheté puis bordé par un ourlet fin. Il devait être large, faisant office de voile, car dans la Mitidja des années 40 et 50 les femmes se voilaient avec un... burnous de couleur blanche. D'où la nécessité du bakhnoug pour cacher les cheveux et la tête.Et si ce fichu ancestral n'est plus qu'un lointain souvenir dans l'arrière-pays algérois, il se répand à présent chez les femmes du Sud-Est algérien avec une dénomination identique à celle de leurs s?urs du Nord. A 1150 km d'Illizi dans la wilaya de Touggourt le port du bakhnoug est toujours de mise. Les tisserandes s'appliquent à ressusciter cette écharpe tissée et enrichie de broderie dite de Touggourt. Long, «le bakhnoug tombe jusqu'aux genoux couvrant entièrement le corps de la femme», selon une artisane rencontrée lors d'une exposition. Autrefois il était de couleur noire, rehaussé de broderies rouges, vertes et jaunes accompagnant une gandoura tissée à la forme évasée.Remontant à des temps lointains, il est certain que le bakhnoug est authentiquement maghrébin. En effet, on le retrouve actuellement chez les Tunisiennes et des Libyennes, tissé de pure laine, teint et brodé. Un châle très prisé par les touristes.Ce drapé légué par l'AntiquitéTenue hautement symbolique du fait qu'elle est enracinée depuis des siècles dans toutes les régions du pays du nord au sud et de l'est à l'ouest, la m'lahfa a une place privilégiée. La m'lahfa se conjugue à toutes les tendances du terroir, véhiculant les origines, la mémoire et la grâce. Le festival tenu récemment au Palais de la Culture a mis en exergue la richesse de cet habillement à l'expression de sveltesse qui sied si bien à la femme. De Ghardaïa, de Touggourt, de Kabylie, de Oued Souf, de Ouargla, de Laghouat, des Aurès, de Tlemcen, les femmes ont toujours adopté ce vêtement qui a défié les siècles. Sobres et chic pour les unes, luxueuses et recherchées pour les autres, stylisées, fluides avec de nouvelles inspirations pour les troisièmes, les m'lahfate ont toutes le tombé épuré et distingué qui fait la noblesse de ces tenues venues du fond des siècles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L N
Source : www.infosoir.com