Illizi - A la une

Perdus dans le désert Point net



M. Mohamed Adami est député d'Ahd 54, élu dans la wilaya d'Illizi. Comme beaucoup de ses collègues de l'Assemblée nationale, personne ne le connaît. Et si c'est pour combler ce déficit de notoriété qu'il vient de faire sa sortie parlementaire, probablement l'une des premières, il se peut bien qu'elle soit une vraie réussite ! M. Adami vient en effet de demander, ni plus ni moins, l'«intervention urgente de l'Etat «pour» convaincre les jeunes de Djanet qui ont fui la région pour les maquis du Sud depuis plusieurs mois à rentrer chez eux»!
Et il n'y va pas de main morte, M. Adami, puisque pour cette entreprise manifestement d'une extrême importance, il «interpelle le Premier ministre» et «sollicite même le président de la République «pour prendre attache avec ces jeunes dans les plus brefs délais ( !) et leur donner des assurances et une protection» afin de les convaincre de rentrer chez eux». Tellement il va de mieux en mieux dans le propos, M. Adami ne laisse pas le temps de voir l'essentiel.
C'est-à-dire que ces onze «jeunes de Djanet» qu'on prendrait volontiers pour de petits aventuriers romantiques sont partis dans le désert à la découverte de sensations fortes. Mais il ne pouvait tout de même pas en parler à l'Assemblée nationale, «interpeller le Premier ministre» et «solliciter le président de la République» pour si peu ! Alors, il a dû se croire obligé de nous «livrer le fond de sa pensée» ! Les jeunes en question ont donc rejoint les «maquis du Sud» mais ce qui inquiète pardessus tout l'honorable parlementaire de la wilaya d'Illizi est qu'ils rejoignent l'AQMI dans le nord du Mali ou en Libye, c'est-à-dire là où se situe l'opinion locale.
On aura remarqué la grande assurance que M. Adami a mise dans son propos et sa «requête». Comme s'il s'agissait d'adolescents en fugue, il suggère donc de leur parler pour les convaincre d'être sages, avant d'aller les chercher là où ils sont avec «assurances» et «protection» ! Il aurait donc suffi que l' «Etat» trouve les mots les plus justes et mette une certaine force de persuasion pour que ces jeunes reviennent à de meilleurs sentiments !
Bien sûr, ces gens-là ne doivent pas être des... terroristes comme les autres, puisque le député nous explique qu'ils ont rejoint le maquis parce qu'ils seraient persécutés par les autorités qui les voyaient derrière tous les mouvements de colère sociale dans la région. Le problème est que Monsieur le député passe en revue les misères qu'ils auraient endurées avant d'en arriver là comme autant de raisons de rejoindre le «maquis du Sud» et peut-être bien l'AQMI dans le Nord Mali !
Il ne nous dit pas si c'est pour les mêmes raisons qu'ils ont rejoint le maquis la première fois, avant d'être élargis. Dans l'argumentaire de M. Adami, on a même entendu qu'ils ont essayé de constituer «es qualité» des listes de candidature à l'APN et aux APC et que le fait que ça n'ait pas abouti aurait accentué leurs frustrations !
En fait, pour ceux qui ont eu à écouter M. Adami de vive voix, ça a dû être long, avant d'arriver au bout de leur surprise. De jeunes perdus dans le désert à troublions du mécontentement social, à repentis, puis «partis rejoindre AQMI», ce n'est pas très évident à suivre. Et puis ce message subliminal : ce sont encore les frustrations sociales, voire... politiques (!) qui poussent à rejoindre le maquis'! On a vu ce que ça en a coûté. On a surtout vu que ce n'est pas vrai.
laouarisliman@gmail.com
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