Illizi - A la une

Les sinistrés crient à l'abandon



Les dernières pluies qui se sont abattues sur la wilaya déléguée de Djanet ont occasionné d'importants dégâts matériels. La perle du Tassili n'Ajjer s'est, en l'espace de quelques jours d'averses orageuses, transformée en ville sinistrée eu égard à l'ampleur des pertes subies par les habitants qui crient à l'abandon. Coulées de boue, inondations, coupures d'électricité, maisons effondrées, routes bloquées et quartiers entièrement isolés, l'envoûtante oasis du Tassili n'Ajjer ne reste qu'une expression puisque les images et les vidéos distillées sur les réseaux sociaux illustrent parfaitement la détresse de la population et l'état d'une localité meurtrie.Les pluies ont causé de graves désagréments, notamment aux quartiers situés sur les bords de l'oued traversant cette ville frontalière. Selon un responsable local, les inondations ont touché plusieurs habitations menaçant ruine. Malheureusement, une perte humaine a été enregistrée. Il s'agit d'une petite fille dont le corps a été repêché hier, précise-t-il, en tenant à saluer les habitants et particulièrement les jeunes qui ont fait preuve de bravoure et de solidarité avec les familles sinistrées et les personnes embourbées dans la boue charriée par les torrents.
Certaines victimes, témoigne-t-on, n'ont dû leur salut qu'au courage des jeunes et à la célérité des sapeurs-pompiers appelés en renfort. Intervenant avec les moyens du bord, parfois dérisoires, les équipes de sauvetage ont réussi l'impossible pendant que les autorités locales, qui détenaient tous les indices pour déclencher le plan Orsec, si plan il y a, se sont contentées de jouer les figurants et de suivre les informations relatives à l'évolution de la situation depuis leurs confortables salons, a-t-on dénoncé. "Le problème qui se posait, c'est que même les informations fournies par les médias locaux ont été données d'une manière qui explique clairement la volonté de réduire cette calamité à un simple fait divers.
Aucun responsable de la wilaya n'a pris la peine de se rendre chez les sinistrés ne serait-ce que pour les réconforter et les rassurer", regrette une victime qui a adressé un message accablant au wali et à son exécutif. D'après la même victime, plusieurs familles sont encore assignées à l'isolement pendant que les responsables de la wilaya déléguée de Djanet et ceux de la wilaya mère, Illizi, sont encore à l'heure des v?ux de l'Aïd. "Il faut qu'ils (les responsables, ndlr) sachent que nous avons vécu la pire des fêtes religieuses : on s'évertuait à dégager l'eau qui submergeait les maisons déjà bien endommagées par le poids des ans. Nous avons sollicité les autorités compétentes pour une aide à l'autoconstruction.
En vain. Apparemment, on attend le pire pour se voir enfin accorder cette précieuse aide destinée à l'habitat rural", dénonce-t-elle. La nonchalance des autorités a également été dénoncée par les éleveurs et les agriculteurs qui ont enregistré des pertes considérables dont les statistiques ne sont toujours pas rendues publiques en raison du manque de communication officielle en pareille situation. Les sinistrés relèvent le ravage de plusieurs champs agricoles et jardins potagers avant de lancer un SOS aux organisations humanitaires pour les approvisionner en vivres et en eau potable. Il faut savoir que deux cellules de crise ont été mises en place pour recenser les dégâts. Cependant, aucun chiffre n'a été communiqué par les autorités.

RABAH KARECHE
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