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Les régions du Sud peinent à prendre leur envol



Les régions du Sud peinent à prendre leur envol
L'Etat et à sa tête le président de la République, a décidé de se tourner vers le Sud afin de booster ces régions et réussir enfin leur développement. Dans le programme quinquennal du chef de l'Etat, les wilayas du sud bénéficient d'ailleurs d'un traitement spécifique à travers, notamment, les avantages complémentaires qui leur sont accordés pour l'amélioration des conditions de vie de leurs populations et les incitations à l'implantation de projets économiques. Est-ce que cela va enfin permettre l'envol du Sud algérien ' La question s'impose car, et il faut le rappeler, l'Etat a tenté durant des décennies, de faire améliorer les conditions de vie des populations locales mais en vain.Depuis des années, l'Etat a accordé de multiples avantages aux médecins, aux enseignants, aux investisseurs privés afin de booster le secteur des services et du tourisme, ou encore aux cadres afin d'assurer la maintenance pour l'alimentation en gaz, en électricité ou encore en eau potable. L'Etat a même construit des centaines de milliers de logements dans les régions du Sud et a offert une aide non remboursable aux privés pour bâtir leur maison. L'objectif : réussir à développer ces régions et à améliorer les conditions de vie des populations locales. Mais malgré les privilèges accordés, ni le médecin, ni l'enseignant, ni l'investisseur, n'ont accepté de s'installer dans cette région. Ces derniers évoquent généralement une insuffisance des mesures incitatives adoptées par l'Etat ou encore l'éloignement, le manque de certaines conditions de vie indispensables et un cadre peu attractif. Mais en fait, il s'agit d'un cercle vicieux, car pour améliorer les conditions de vie et rendre le cadre attractif dans ces régions, il faudrait que des citoyens acceptent de s'y installer et de participer, chacun à son niveau, à l'amélioration du cadre de vie. Il faudrait que l'enseignant encadre les enfants, le médecin prenne en charge les malades, le mécanicien les voitures ...et le boulanger ses clients. Le problème de ces régions est encore plus alambiqué parce que même les enfants du Sud ont fini, une fois leur formation terminée, par fuir la région sous prétexte de l'inexistence d'offre d'emplois. Ce qui n'est pas faux en raison de l'absence d'investissement.Pour sortir de ce cercle vicieux, l'Etat a décidé, dernièrement, d'employer les grands moyens. Surtout avec le vent de colère qui souffle actuellement sur ces régions dont les populations locales manifestent, chaque jour un peu plus, leur ras-le-bol.A Illizi, Tamanrasset ou Djanet, les revendications et les questionnements des habitants sont les mêmes. Ils se demandent pour quelle raison, ils manquent de l'électricité, pourtant produite avec du gaz extrait dans le sous-sol saharien ! Ils réclament du travail et dénoncent le favoritisme dont bénéficient les gens du Nord dans le recrutement dans les bases pétrolières du Sud. Ils se demandent pourquoi les malades du Sud sont souvent obligés de faire des milliers de kilomètres pour se soigner...Pour contrer cette colère montante, l'Etat a réagi. De nombreux grands projets d'équipements ont été annoncés pour les régions du Sud : une autoroute de 1 000 km pour relier la capitale à Ghardaïa, pour plus d'un milliard d'euros, deux hôpitaux hospitalo-universitaires (CHU) et des centres anti-cancer dans deux villes du Sud, Bechar et Ouargla, pour 100 millions d'euros, des projets de transfert d'eau et création de dix entreprises publiques pour lutter contre le chômage endémique dans cette région, riche en hydrocarbures, qui nourrit l'Algérie. Mais pas seulement, le président de la République a consacré une grande partie de son programme quinquennal 2015-2019 aux régions des Hauts-Plateaux et du Sud. Il a ainsi été décidé de faire bénéficier ces deux régions de nouveaux projets industriels et agricoles, dont la réalisation de zones industrielles et la mise en valeur d'un million d'hectares pour l'agriculture. Parmi les objectifs assignés au programme quinquennal, il s'agit aussi de l'amélioration des conditions de vie des populations, la réalisation d'importants programmes communaux de développement ainsi que l'extension des réseaux routiers, autoroutiers et ferroviaires. Il est aussi question de l'amélioration des conditions de scolarité, y compris en développant la formation des enseignants localement, le renforcement de la couverture de santé publique, l'intensification de la réponse à la demande de logement par l'appui à l'autoconstruction de logements sociaux et ruraux. Enfin, les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux bénéficieront d'un appui au développement et à la diversification de leur potentiel économique ainsi qu'à l'augmentation de l'offre d'emploi localement.Et pour couronner le tout, il a été décidé la création de wilayas déléguées, aux moyens renforcés et aux compétences élargies, à travers les wilayas du Sud, et ce processus sera élargi en 2016 à travers les Hauts-Plateaux. Ce nouveau découpage administratif, longtemps revendiqué par les habitants de la région, va permettre enfin de rapprocher le service public des administrés et un meilleur développement sur tous les plans. En effet, un wali délégué a des prérogatives plus élargies et peut se substituer au wali dans certaines décisions relatives à la gestion des communes. Cette décentralisation sera, à ne pas en douter, applaudie par les concernés qui y voient une opportunité pour traiter de manière rapide les affaires quotidiennes qui nécessitaient auparavant de longues semaines ou mois. Avec autant de mesures décidées pour développer le Sud, est-ce que cette région va enfin connaître son envol 'H. Y.


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