Illizi - Gravures rupestres de l'Oued Djerat, (W. Illizi)

Les gravures rupestres du billet algérien de 1000 DA : un hommage précis au Tassili n’Ajjer



Les gravures rupestres du billet algérien de 1000 DA : un hommage précis au Tassili n’Ajjer

Le billet algérien de 1000 dinars, issu de la série « Histoire et Patrimoine », ne se contente pas d’illustrer de manière générale l’art rupestre saharien. Il met en valeur des œuvres bien identifiées, appartenant au Parc national du Tassili n’Ajjer, situé dans la wilaya d’Illizi, au sud-est de l’Algérie.

1. La « Gazelle au repos » de Tin-Taghirt

L’élément le plus emblématique du billet figure au verso : une antilope finement gravée, souvent appelée gazelle au repos.

  • Localisation précise :
    Station de Tin-Taghirt, sur le plateau de Dider, entre Iherir et Djanet.

  • Support :
    Gravure réalisée sur une grande dalle de grès affleurante, directement au sol.

  • Valeur artistique :
    Cette œuvre est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre mondiaux de l’art rupestre, remarquable par la précision des proportions, la finesse du trait et le sens du mouvement.

  • Datation :
    Néolithique ancien, période où le Sahara connaissait un climat plus humide et une faune abondante.

Le choix de cette gravure sur le billet souligne la dimension universelle du patrimoine préhistorique algérien.

2. Le Bubalus antiquus : symbole de l’art rupestre le plus ancien

Au recto du billet, figure la représentation d’un Bubalus antiquus (buffle antique), animal aujourd’hui disparu.

  • Période culturelle :
    Phase dite bubaline, la plus ancienne de l’art rupestre saharien.

  • Signification :
    Ce bovidé géant témoigne d’un Sahara verdoyant, parcouru de grands herbivores.

  • Implantation géographique :
    Ce type de gravure est abondamment attesté dans le Tassili n’Ajjer, notamment dans des zones comme l’Oued Djerat, sans que le billet ne renvoie à un panneau unique.

Le Bubalus est ici utilisé comme symbole chronologique, rappelant l’ancienneté exceptionnelle de l’occupation humaine dans le Sahara algérien.

3. Une référence plus large à l’art saharien central

Certaines analyses évoquent également des inspirations stylistiques provenant du Hoggar (région de Tamanrasset), notamment dans les scènes pastorales et les silhouettes animales.
Toutefois, le cœur iconographique du billet reste clairement ancré dans le Tassili n’Ajjer, et plus précisément autour de Djanet et du plateau de Dider.

Conclusion

Le billet de 1000 DA n’illustre pas un art rupestre abstrait ou générique. Il rend hommage à des sites précis, en particulier Tin-Taghirt, et à des phases majeures de la préhistoire saharienne.
À travers ce choix, l’Algérie affirme la place centrale du Tassili n’Ajjer comme l’un des berceaux majeurs de l’art et de la mémoire humaine.


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