Défaillances - La non-maîtrise des marchés, la maîtrise inefficace d'ouvrages, les bureaux d'étude non qualifiés, l'absence d'entreprises qualifiées et spécialisées...
Pour Abdelaziz Badjaja qui fait partie du comité d'experts et des 57 architectes qualifiés à l'échelle nationale, comme pour son collègue Ouagueni, la nouvelle législation algérienne de protection et de mise en valeur des centres anciens est arrivée à temps afin de réorganiser l'ensemble de la Vallée du M'zab par exemple.
Dans son intervention intitulée, «Patrimoine et biens culturels à travers le territoire national», M. Badjaja a parlé de la conservation de ce patrimoine en l'état et sa mise en valeur pour sa transmission aux générations futures.
«Ce qui fait mal au patrimoine, ce sont l'eau et l'homme par ses actes de vandalisme.
Le danger vient aussi de certains excès de la part de responsables qui veulent en urgence réaliser des projets de développement», a-t-il souligné lors des débats de la rencontre d' Illizi.
Il devrait y avoir, selon cet enseignant à Constantine, des recommandations pour qu'il y ait un suivi élémentaire et primordial de tout travail de restauration. «Nous avons besoin de cette prise de conscience de la gestion du patrimoine», a-t-il souhaité en appelant à la création d'une direction du patrimoine au niveau de chaque zone patrimoniale.
Dans sa communication, M. Badjaja a révélé ses constatations sur les causes des dégradations non naturelles dont, entre autres, le manque d'étude, la légèreté des études de restauration, la non-maîtrise des marchés du fait de la spécificité des interventions sur l'ancien, la maîtrise inefficace d'ouvrages, les bureaux d'études non qualifiés, le manque de main-d''uvre qualifiée, l'absence d'entreprises qualifiées et spécialisées... La loi de protection du patrimoine culturel (98-04), a quand même permis selon l'orateur, la réorganisation du secteur de la culture et du patrimoine, l'apparition de nouveaux textes, arrêtés, décrets et de nouvelles balises afin de mieux protéger les biens culturels et les secteurs sauvegardés pour la protection de l'ensemble et non pas d'une partie.
Sur le processus de protection des biens, l'intervenant estime que bien que l'aspect historique soit totalement reconnu, identifié et répertorié et le dispositif législatif achevé, les stratégies d'intervention restent très timides en raison de la non-maîtrise des textes et des intervenants sur les biens culturels.
Ce travail implique les directions de culture, les circonscriptions archéologiques, l'urbanisme, les directions des équipements publics, les affaires religieuses et le mouvement associatif. «La réussite dans la mise en valeur des biens culturels aura comme origine une maintenance physique et surtout une bonne gestion politique du patrimoine.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S L
Source : www.infosoir.com