
Le tribunal criminel près la Cour d'Alger a reporté, hier pour la 11e fois, le procès des prévenus Farah Omar et Aïssani Yacine, à la prochaine session criminelle. Les deux accusés sont poursuivis pour l'enlèvement des 32 touristes étrangers dans le Sahara en 2003. Membres du groupe de Amari Saïfi, plus connu sous le pseudonyme d'El Para, les deux hommes sont poursuivis pour appartenance à un groupe terroriste, massacre, incendie volontaire, possession d'armes et rapt. Selon l'arrêt de renvoi, les deux hommes ont participé à plusieurs opérations terroristes dont des actes de destruction, des assassinats et des embuscades contre les éléments de l'Armée nationale populaire (ANP) et les services de sécurité. Ils ont participé, avec Amari Saïfi, à l'embuscade dressée dans la région d'Illizi contre les propriétaires de sociétés implantées dans le sud du pays, au cours de laquelle les terroristes ont enlevé plusieurs ressortissants étrangers et se sont emparés de sommes d'argent en euro. Les deux accusés ont également participé, selon la même source, à des opérations de demande de rançon et d'achat d'armes. Hier, le président du tribunal, le juge Bakri Boualem, a décidé le report du procès suite au retrait d'un avocat et l'absence d'un autre. En fait, les deux défenseurs qui n'ont cessé depuis le début de l'affaire de demander au juge la présence de Abderrazak El Para à l'audience afin d'être entendu comme témoin dans ce procès, et face au refus non motivé du magistrat, ont décidé, pour l'un de se retirer, et pour l'autre de ne pas se présenter devant le tribunal. La défense ne s'explique pas le refus du juge alors qu'El Para est cité dans l'arrêt de la Chambre d'accusation en qualité d'accusé au même titre que Farah Omar et Aïssani Yacine. Pour la défense, le témoignage de Amari Saïfi, l'ex-émir du groupe terroriste, dans cette affaire est d'une très grande nécessité. Notamment en ce qui concerne l'accusé Farah qui, selon son avocat, se trouvait en prison lors de certains faits qui lui ont été imputés. Il est à préciser qu'il ne s'agit pas du seul procès où la défense demande la comparution d'El Para. Le mois dernier, le procès de Gharbia Amara, plus connu sous le pseudonyme El Moukatil Abou Djabel et Youcef Ben Mohamed, deux autres terroristes qui ont également participé à l'enlèvement de touristes étrangers dans le sud en 2003, a été reporté en raison de l'absence du défenseur de Gherbia. L'avocat de cet accusé avait demandé à plusieurs reprises que comparaisse en tant que témoin le principal instigateur de l'enlèvement des touristes, en l'occurrence Amari Saïfi. Faute de comparution, la défense de Gherbia s'était retirée et ne s'était plus présentée devant le tribunal. Rappelons enfin que Amari Saïfi, dit El Para, extradé le 27 octobre 2004 vers l'Algérie par les autorités libyennes, après son arrestation par les rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad, a été remis à la justice depuis seulement quelques mois. Placé sous mandat de dépôt, conformément aux dispositions de l'ordonnance présidentielle portant levée de l'état d'urgence, El Para, qui a toujours été jugé par contumace, devra prochainement répondre de ses actes devant un tribunal criminel.
H. Y.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com