
L'annonce du nouveau découpage administratif a été accueillie avec soulagement, joie et fierté par les habitants de la daïra de Djanet, wilaya d'Illizi. « C'est une grande nouvelle pour les habitants qui attendaient cela depuis très longtemps », commentent-ils. En attendant, ils espèrent que ce changement accordera à cette ville le statut de wilaya. « Nous sommes contents d'apprendre que Djanet va devenir une wilaya déléguée, quoique nous aurions préféré qu'elle ait directement le statut de wilaya ou de wilaya déléguée. Cela a plus d'importance et de consistance. On n'aime pas être entre les deux. On se demande, d'ailleurs, si cette décision est temporaire et que Djanet sera promue wilaya dans les prochains mois », soulignent des élus. « Les gens sont heureux et attendent beaucoup de cette décision », précise le P/APC de Djanet, Gassou Amghar, pour qui « l'éloignement du chef-lieu de wilaya, l'absence d'une prise de décisions au niveau local et les pratiques bureaucratiques sont autant de facteurs ayant freiné le développement de la localité ». Le sujet est abondamment commenté par les habitants, impatients de connaître les modalités de la mise en ?uvre de cette décision. Ainsi, la désignation du nouveau responsable, la composition et les missions du conseil consultatif animent les discussions. « Le wali délégué ne doit pas être un enfant de la région. Il est serait préférable de nommer quelqu'un ayant déjà occupé le poste de SG dans les wilayas du Nord, car Djanet a besoin tout d'abord de lancer de nombreux et importants chantiers », juge Abdelkader, agent de tourisme. Mais pour Mohamed, Djanet ne peut être gérée que par « un ancien militaire chevronné connaisseur du fonctionnement de l'administration et qui a exercé dans les régions du sud qui ont leurs spécificités ». Brahim relève que le fait que le gouvernement ait enfin opté pour le découpage des régions vastes du Sud en wilayas déléguées est déjà un grand acquis. « Cela va permettre aux responsables de faire leur travail sur le terrain plus facilement, car il n'est pas aisé de suivre le développement d'une wilaya avec des superficies aussi grandes », précise-t-il. L'intérêt de ce nouveau découpage pour la population locale réside dans le fait de ne plus dépendre d'Illizi, distante de 450 km. « Djanet est une ville frontalière, gérée actuellement par le wali et l'ANP. Mettre un responsable au niveau local va faciliter beaucoup de choses », ajoute Abdelkader. « Nous attendons avec impatience les résultats de ce découpage pour la population. Cela va permettre aussi de faire hisser certaines annexes communales, notamment celles situées dans des zones éparses, au statut de commune pour avoir droit à des projets », dira Issam, de Tinalkoum. La mise en place d'un conseil consultatif au niveau de la wilaya pour les nouvelles circonscriptions administratives est également accueillie avec espoir, mais aussi beaucoup d'interrogations. « Ce serait une bonne chose si ce conseil est différent de l'APW », estiment les élus, pour qui « toute l'importance » doit être accordée à la composition de cette nouvelle instance. « Le choix des membres de ce conseil doit être fait selon les critères de compétence et d'expérience dans la gestion des affaires d'une ville. Ce conseil ne doit pas inclure des élus uniquement, qui sont déjà largement présents dans d'autres instances, sans grand apport. D'autant que les élections précédentes se sont déroulées dans un contexte marqué par le printemps arabe, ce qui a donné lieu à de nouveaux élus qui ne sont pas forcément représentatifs de la population locale. » Les habitants sont convaincus du succès de cette expérience à Djanet. « Tous les ingrédients sont réunis pour que cette opération réussisse. Outre ces atouts matériels, Djanet a des enfants ayant une expérience avérée et qui occupent actuellement des postes importants dans plusieurs villes du pays. Ceci s'ajoute à la nature des habitants qui ont eu la chance de côtoyer toutes les civilisations et les cultures, ce qui a fait d'eux des citoyens cultivés et ouverts sur le monde », estiment les uns. D'autres font appel à l'histoire : « Djanet est la plus ancienne ville, après Ouargla, dans le Sud algérien, vu qu'Illizi et In Amenas étaient des annexes communales qui dépendaient de Djanet à l'époque coloniale. »
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.horizons-dz.com