Obstacle - «La matière première est un grand problème pour nous. Parfois, il y a une pénurie et parfois elle est trop chère, surtout que certaines matières sont importées», nous dit Samir, un artisan de la wilaya de Bouira.
Le manque et la cherté de la matière première sont les principaux problèmes évoqués par tous les artisans que nous avons interrogés en marge du Salon international de l'artisanat, organisé au Palais des expositions par l'Agence nationale de l'artisanat (Anart). «Parfois, nous sommes obligés de parcourir des centaines de kilomètres pour avoir cette matière première et à des prix vraiment élevés.
Et cela nous pénalise vraiment en tant qu'artisans surtout durant certaines périodes qui constituent le meilleur moment pour nous d'écouler nos produits. Il m'arrive d'avoir d'énormes demandes sur certains produits, mais faute de matières premières, je ne peux pas les satisfaire. Et ainsi, je perds beaucoup de clients», regrette Mohammed, artisan originaire de la wilaya d'Illizi.
A la question de savoir pourquoi ne pas acheter une grosse quantité, une fois que cette matière première est disponible, pour constituer un stock, notre interlocuteur nous explique : «La matière première est trop chère. Donc, un petit artisan ne peut pas se permettre d'acheter une tonne par exemple, donc on est obligé d'acheter par petites quantités.» «La cherté de la matière première se répercute négativement sur notre activité, car nos clients, surtout les nationaux, trouvent nos produits trop chers. Moi personnellement, je parviens à vendre mes produits uniquement aux touristes, et j'ai aussi certains clients ici à Alger, généralement des magasins spécialisés dans la vente des produits artisanaux», nous explique un autre artisan de la wilaya de Ghardaïa.
Un autre de Constantine, spécialisé dans les bijoux traditionnels, nous a fait part de son inquiétude quant à l'avenir de notre artisanat. «Ce n'est vraiment pas facile de trouver les moyens pour travailler, nous devons aller les chercher aux quatre coins du pays. Pour la matière première, on avait par exemple un fournisseur dans la wilaya de Tlemcen, mais maintenant sa marchandise est bloquée au niveau du port depuis six mois, donc nous sommes pénalisés.
Si sa marchandise n'est pas débloquée dans les prochains jours, nous risquons de perdre beaucoup de clients», nous a-t-il confié. «Si la situation reste ainsi, c'est toute notre activité qui est menacée. Alors que nous devons préserver notre artisanat car cela fait partie de notre patrimoine national, de notre identité», a-t-il souligné. Pour ce jeune Constantinois, qui gère un atelier avec son épouse, les artisans algériens doivent s'entraider car il y va de leur intérêt. «C'est ainsi qu'on pourrait rivaliser avec les Marocains ou les Tunisiens. D'autant plus que nous éprouvons de grandes difficultés à faire face à la concurrence des produits importés, notamment les produits chinois», a-t-il dit. «Les visiteurs étrangers recherchent encore des produits artisanaux locaux, mais les Algériens se tournent plutôt vers des produits étrangers à bon marché», a-t-il regretté.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com