La nouveauté de l'opération terroriste menée contre le site gazier de Tiguentourine (In Amenas, Illizi) est qu'il s'agit d'une « agression terroriste contre le territoire et le peuple algériens », a déclaré dimanche matin le ministre algérien de la Communication Mohamed Said. Sur les 32 terroristes impliqués dans la prise d'otages, « 29 venaient de l'extérieur » ; ils portent d'au moins « six nationalités différentes ». Le ministre a aussi laissé entendre que le « bilan provisoire » donné hier par le ministère de l'Intérieur- 23 morts, 32 terroristes neutralisés-, risquait « d'être revu à la hausse ».
Le ministre algérien de la Communication, M. Mohamed saïd, a déclaré dimanche que la prise d'otages d'In-Amenas constituait une « agression » plutôt qu'un acte terroriste. Intervenant au cours d'une émission de radio, au lendemain du dénouement de la prise d'otages, qui a fait 23 morts et s'est soldée par la « neutralisation » de 32 bterroristes, selon un bilan provisoire, M. Mohamed Saïd a déclaré que « la nouveauté de cette opération criminelle est qu'il s'agit d'une agression terroriste contre la souveraineté nationale de l'Algérie ». Sur les 32 terroristes faisant partie du commando, seuls trois étaient Algériens. Les 29 autres venaient donc de l'extérieur, « certains même de l'extérieur du continent africain », a-t-il indiqué, ajoutant que des ressortissants portant « au moins six nationalités ont pris part à cette entreprise criminelle ».
Selon un bilan provisoire officiel publié samedi par le ministère de l'Intérieur, 732 otages ont été libérés, 23 personnes ont été tuées et 32 terroristes ont été neutralisés, sans qu'il soit précisé s'ils sont tous morts ou s'il y a eu des prisonniers. Mais ce bilan pourrait s'alourdir, a indiqué M. Mohamed Said, qui a précisé qu'un bilan définitif sera communiqué dans la journée.
Interrogé sur l'absence de communication institutionnelle pendant les quatre jours qu'a duré la prise d'otages, M. Mohamed Said a justifié ce silence des autorités algériennes par la difficulté de l'opération. « L'information est tellement sensible qu'elle est impossible à donner tant que l'opération est en cours », a-t-il dit, ajoutant qu'elle peut même devenir une « arme ». « Faut-il rechercher le scoop ou avoir comme préoccupation majeure de sauvegarder le maximum de vies humaines », s'est interrogé le ministre. « Une communication responsable est d'aider les forces
spéciales à sauvegarder le maximum de vies humaines, même si ça se fait au détriment d'un besoin médiatique », a poursuivi le ministre.
Le choix d'une position ferme
M. Mohamed Said a par ailleurs commenté les critiques exprimées au début de l'opération par certains pays, notamment le Japon, sur la « position trop ferme » de l'Algérie, qui avait annoncé dès le départ qu'elle ne négociera avec les terroristes. « C'est une position de principe qui a démontré son bien-fondé », a déclaré le ministre. « Pas de négociation, pas de capitulation devant le chantage, pas de répit devant la lutte anti-terroriste, quel que soit le prix d'ailleurs», a-t-il martelé, ajoutant que cette position avait au final été saluée par la plupart des pays, dont la France et les Etats-Unis.
Le ministre de la Communication a également évoqué le dossier malien, reconnaissant que ce qui s'était passé à In Amenas avait un lien avec l'intervention armée en cours au Mali « de par la situation géostratégique » du pays. Il a cependant insisté sur le fait que l'Algérie défend depuis le début du conflit un règlement politique. Pour preuve, l'Algérie a accueilli des négociations entre les mouvements d'Ançar Dine et de l'Azawad, a rappelé M. Mohamed Said. « On ne règle pas les problèmes par la force », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la prise de Kanno avait « changé les choses », car elle touchait directement à « l'intégrité territoriale du Mali », une valeur ardemment défendue par l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nejma Rondeleux
Source : www.maghrebemergent.info