
L'Algérie observera une halte de décompression d'un mois, le temps de l'évasion durant les vacances d'étéAux aguets, l'opposition redoublera de férocité face à un pouvoir qui ne peut plus s'offrir le luxe de cavaler seul.Cette année, le Ramadhan a été difficile. Non pas à cause de la canicule qui l'a marqué, mais par la collusion d'une série d'événements à la fois contraignants et douloureux pour les Algériens. Epuisement des bourses des ménages par une surconsommation durant le Ramadhan, la douloureuse tragédie de Ghardaïa ayant coûté la vie à 23 personnes sans compter les dommages matériels et moraux, la chute des prix du baril qui étouffe l'économie nationale et fait revenir le spectre de l'austérité et des pénuries présageant les pires scénarii au plan social.A ces drames, s'ajoutent les estocades politiques entre l'opposition et le pouvoir et plus grave encore, les membres de la majorité présidentielle à savoir le FLN et le RND si tirent dans le dos. L'Algérie observera une halte de décompression d'un mois, le temps de l'évasion durant les vacances d'été. Mais cette halte sera de très courte durée car dès la fin du mois d'août de nombreux problèmes vont ressurgir et risquent de perturber sérieusement la prochaine rentrée sociale. Le mois de septembre sera chaud et laborieux. Rarement, une rentrée sociale est jonchée par autant de problèmes.«On a mis le mouchoir sur trop de problèmes et on a fait trop de promesses aux populations», avoue un sénateur de la majorité présidentielle. Les perturbations marqueront aussi bien la scène politique, sociale et économique. Au plan politique, c'est l'avant-projet de la révision constitutionnelle tant promis par le chef de l'Etat qui enflammera la scène. Aux aguets, l'opposition aura du grain à moudre, face à un pouvoir qui ne peut plus s'offrir le luxe de cavaler seul. La révision de la Constitution requiert un consensus national sans lequel sa validité sera tronquée. C'est justement le clou de l'opposition qui remettra sur la table sa sempiternelle transition démocratique. Une initiative qui donne un urticaire au pouvoir réfractaire à cette idée dans le fond et dans la forme. Il faut donc s'attendre à des débats violents, même très violents au sein de l'assemblée sur la Constitution.L'opposition redoublera de férocité et étalera toutes ses propositions y compris celle d'une structure indépendante pour la surveillance des élections. Tant mieux diront les idéalistes de la démocratie, mais sur le terrain les choses s'annoncent déjà plus compliquées. Qui va encadrer ces débats' Comment éviter des dérapages, notamment au sein des plateaux de télévisions où se trouvera le tout-venant pour disserter d'un projet qui engage l'avenir de la nation.Toujours sur le plan politique, les tiraillements observés au sein de la majorité présidentielle vont-ils s'arrêter ou au contraire se poursuivre. Il n'y a pas meilleure manière de couler le bateau, puisque cette majorité défend un même programme, celui du président de la Réplique qu'elle arrive d'ailleurs mal à concrétiser et expliquer sur le terrain. Au plan social, la facture est bien garnie pour M. Sellal. La première contrainte est la chute des prix du baril qui se poursuit engendrant la fonte des recettes pétrolières. Cette chute va-t-elle extraire le gouvernement de sa nonchalance'L'Exécutif doit s'ingénier à trouver le moyen de faire accepter des mesures douloureuses à une population qui a pris le goût des dépenses. N'ayant pas profité de l'embellie financière pour booster les exportations hors hydrocarbures et réduire la tendance boulimique des importations, le gouvernement se retrouve à puiser dans le Fonds de régulation des recettes (FRR). Mais jusqu'à quand' Il faut s'attendre à ce que les différentes corporations qui ont mis en veilleuse leurs revendications se réveillent. Les enseignants des différents paliers n'ont pas encore soldé leurs comptes, ceux du supérieur grognent toujours et se feront entendre avec une rentrée universitaire houleuse avec en prévision un large déficit de places pédagogiques.Que dire alors du secteur économique dont la colère a été jusque-là contenue par les promesses du 87 bis qui tarde à venir' Avec une pareille escadrille de problèmes, le gouvernement Sellal dans sa quatrième version subira l'une de ses pires rentrées sociales.Et en attendant, il faut croiser les doigts pour que le volcan de Ghardaïa ne se réveille pas, que les manifestations ne repartent pas à In Salah, Ouargla, Illizi et Tamanrasset. Difficile perspective pour le pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com