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Journal d'un frère (4)



Journal d'un frère (4)
Réveillé tard pour une fois, je n'ai pas pris de café. Un verre de lait de chamelle enceinte de 2 mois, qu'un député m'a déposé hier soir devant la porte, et pas de cigarette, même pas une Rym, même pas une bouffée. Oui, j'ai décidé d'arrêter de fumer, d'autant que d'après la rumeur, j'aurais un cancer. Je ne sais pas, je n'ai pas vérifié et je n'ai aucune confiance en ce ministre de la Santé qui est capable de me donner de l'huile de vidange de camion en m'expliquant que c'est bon pour les reins. Rumeur, oui, mais il faut se dire que derrière une rumeur, il y a toujours un fond de vérité. Alors pas de cigarette. Bref, un peu agité, j'ai essayé de travailler, rien. Vers midi, de plus en plus énervé, j'ai donné quelques coups de téléphone, renvoyé quelques walis et opéré un mouvement chez les chefs de daïra, bien que je n'aie toujours pas compris à quoi servaient les chefs de daïra. Dans la foulée, j'ai aussi renvoyé le directeur de la SNTA, ceux qui fabriquent les cigarettes, et dissous l'entreprise, fait raser l'usine et monte un parking à la place.On ne pourra rien me reprocher, le tabac c'est mauvais pour la santé. Bref, vers 14h, ne sachant toujours pas quoi faire, j'ai ouvert une boîte que j'avais chez moi, juste pour replonger dans mon passé afin de bien comprendre le futur. Rien de précis, des photos souvenirs de Bab Ezzouar, mon livret de famille, que j'ai photocopié en 10 exemplaires pour être sûr que je ne rêve pas et que c'est bien moi. C'est vers 16h que j'ai craqué. Ould Abbès qui m'appelle pour me demander s'il pouvait mettre la tante de son coiffeur comme tête de liste FLN à Illizi. Là je me suis mis en colère. J'ai raccroché, jeté mon téléphone et ordonné de nationaliser Ooredoo. Finalement, j'ai pris une Marlboro. Trop bon. A la troisième bouffée, je me sentais mieux. De l'air. J'ai réfléchi et me suis dit que le pouvoir, c'est compliqué, surtout quand on en a et qu'on est censé ne pas en avoir. La famille finalement, il n'y a que ça de vrai.
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