Illizi - A la une

Ils ont dit



Sakal Ryadh, Président de l'organisation nationale pour la promotion de la jeunesse : 'Le courant ne passe pas entre le sommet et la base'
'Moi je suis venu ici en tant que porteur des aspirations de cette frange immense de la société à la rencontre du CNES sur les assises nationales et la gouvernance locale et de ce fait je me sens un peu responsable de ce qui incubait dans la grande salle ovale. Je vous le dis : le temps d'avoir peur est fini! Nous n'avons peur de personne pour énoncer et exprimer notre volonté! Nous venons ici pour défendre nos revendications légitimes! De même, nous ne pouvons accepter qu'on nous utilise pour faire passer des messages et travailler pour des objectifs auxquels nous ne sommes pas associés! Si j'apprécie beaucoup la présence des représentants des associations et des élus locaux en surnombre par rapport aux représentants de l'administration, je dois dire aussi que des pratiques qu'on croyait être révolues à jamais ont la peau dure comme les habitudes de sélectionner au compte-gouttes la liste des participants ou la monopolisation de la parole. Nous sommes venus pour parler et dire ce que nous pensons et proposons et que nous ne devons pas occulter les problèmes, notamment de la jeunesse. Nous sentons que c'est notre chance qui doit nous sourire et il ne faut pas la faire passer. Pour nous, nous continuons toujours à avoir des craintes et des soupçons sur le sérieux et la fiabilité de la démarche même si cette fois-ci ça a l'air d'être sérieux, en étant pris en charge et suivis de très haut. Nous avons fait des propositions et nous attendons pour voir si on mettra bien fin au chômage et au sous- emploi, si on réussira à redonner de l'espoir aux jeunes pour se stabiliser et participer concrètement à l'avenir de leur pays et son développement. La situation est pénible et insupportable car ni les élus locaux ni encore moins l'administration n'ont pu canaliser et comprendre les doléances des jeunes. C'est clair qu'il y a un problème de gouvernance et que le courant ne passe pas entre le sommet et la base, ce qui sacrifie cette frange vive du pays. Il est fort à craindre que si l'on ne change pas d'attitude et de démarche, que si on refuse l'ouverture du champ d'expression et d'action, l'on craint que les jeunes ne prennent le chemin des protestations. Nous ne souhaitons pas cela et nous pensons que nous sommes devenus assez mûrs pour ne pas verser dans ce qu'on appelle le Printemps arabe. Nous avons notre propre expérience et nous voulons l'enraciner pour ne pas rester à mi-chemin.'
Foufa Hamid, Président de l'Association des Notables de Blida : 'Un système de fiscalité locale désuet'
l 'En tant qu'expert comptable ayant une longue expérience sur la gestion locale d'abord et en tant que président d'une association qui veille sur le bien-être des citoyens dans toutes les franges et le développement local ensuite, c'est avec grand intérêt que j'ai participé à ces assises et avant à leur préparation au niveau local. Nous avons présenté des propositions concrètes pour corriger et relever la gouvernance locale qui à mon sens pêche par beaucoup d'insuffisances, à commencer par un système de fiscalité désuet des collectivités locales. Ce sont les communes déshéritées qui accueillent les unités de production avec toutes les charges et les besognes difficiles que cela entraîne, sans grande contrepartie, mais ce sont les grandes APC du chef lieu de daïra, de la wilaya et de la capitale qui en tirent bénéfice du fait qu'elles abritent les sièges. Ceci est un exemple parmi tant d'autres des insuffisances auxquels il faudra trouver des remèdes.'
Boughrari Abdelkder, ex député (Illizi) : 'Tenir compte des spécificités du grand Sud'
'Nous continuons à souligner que pour les régions du Sud, il y a nécessité de tenir compte des spécificités locales et régionale à grande échelle. Il y a une terre bien différente, des habitudes bien différentes et des problèmes spécifiques que l'on rencontre au Sud et pas au Nord ! Ailleurs dans d'autres pays, si la température grimpe au delà de 45 degrés, l'Etat intervient et déclare la région géographique touchée zone sinistrée. Chez nous l'on dépasse dans beaucoup de régions ce seuil en atteignant les 60 degrés à l'ombre sans que les secours ne viennent et ne soient déclenchés. Nous aussi nous sommes des citoyens et des humains et nous avons droit à un mieux-être en bénéficiant des commodités modernes de vie. Tout le monde au Sud n'a pas sa climatisation durant la nuit et le jour, notamment durant les longues saisons chaudes. Ne parlons pas de l'adaptation des techniques de construction et d'habitat dont la plupart ne conviennent ni aux m'urs, ni au relief et au climat.'
Baki Ahmed, président de l'Apc de Bordj El Haouas (Illizi) : 'Face aux grandes distances, un nouveau découpage territorial s'impose'
'Lorsqu'on parle du grand Sud, c'est aussi les grandes distances et le grand désert au climat et relief autrement plus difficiles à supporter et à maîtriser. Ici, les distances ont une autre connotation et appréciation que celles qu'on a dans le Nord. Entre une commune et le siège de la daïra et du chef-lieu de wilaya, elles se mesurent en plusieurs centaines de kilomètres. Il va falloir procéder à un nouveau découpage pour mieux équilibrer le développement local. Ça urge (des walis délégués proposés). Si on veut développer le Sud et ne pas faire de fossé entre le Nord et le Sud et faire en sorte que les deux régions se complètent, il faut dès à présent préparer l'après-pétrole en pensant à exploiter les capacités appréciables existantes. Elles sont là, il suffit de penser et de dégager des plans et des programmes d'action. Le monde de demain se prépare ici avec nos enfants ensemble, meilleur peut-être que celui du pétrole bon marché. Seulement, le chemin à parcourir est encore long et il faudra lever les obstacles, notamment dans la gouvernance locale qui bloquent les initiatives et qui manquent de vision futuriste.'
Khechna Yacine : Président de l'Association des amis de la nature
'Très sceptique sur l'application
des recommandations'
ll 'Je demeure très sceptique sur l'application des recommandations. Plus d'une fois, nous avons été trahis et désabusés. Il ne suffit pas d'avoir les meilleurs textes pour nous dorloter, il faut aller plus pour concrétiser sur le terrain le changement voulu dans la voie de la démocratisation de la vie politique et sociale. Sans ça, il n'y aura pas de salut et on continuera à tourner en rond. Il faut faire en sorte que cette fois-ci, ce sera la bonne.'
Méziane Saïd, wali de Tamanrasset : 'L'ouverture vers la société civile , un vecteur d'avenir'
'Les critiques objectives ne me font pas peur. Elles sont les bienvenues. Nous admettons nos faiblesses et les carences, mais face à l'immensité de la tâche, soyons courageux pour admettre qu'il y a des réalisations remarquables qui se font à tous les niveaux malgré les obstacles et l'adversité sur le terrain et que tout n'est pas gris.
C'est comme cela que nous pouvons avancer et progresser. Le Sud qui vit une ambiguïté avec ses potentialités énormes et ses spécificités d'un côté et son retard de l'autre, malgré des réalisations conséquentes dans de nombreux domaines, doit devenir un immense chantier pour le développement local et un support incontournable pour le développement national. L'ouverture vers la société civile et la décentralisation sont deux vecteurs d'avenir.'
S. B.
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