
Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir, en ces jours de piété et de recueillement sur les morts, l'état lamentable dans lequel se trouvent les cimetières de la ville de Guelma.Celui d'El Hadj M'barek, le plus ancien, situé sur les hauteurs de la ville, est un exemple outrageant, à la limite du comportement délictuel des riverains et de la passivité des autorités locales. Après les empiétements manifestes des constructions anarchiques sur le cimetière et son abandon progressif, puis sa «fermeture» définitive, il y a quelques années déjà, voilà qu'il devient une décharge sauvage, où les détritus des riverains sont déversés et brûlés, avons-nous constaté sur place, hier, deuxième jour de l'Aïd El Fitr. «Il y a quelques années, la commune a construit ce mur d'enceinte pour protéger le cimetière des agressions extérieures. Mais rien à faire, à chaque fois que je reviens à Guelma pour me recueillir sur les tombes de ma grand-mère et de mon grand-père, je pleure des larmes de sang!», nous déclare, résigné, un natif de la ville, qui a souhaité garder l'anonymat. Et de conclure : «Honte aux riverains et aux autorités locales, qui ont laissé ce lieu chargé d'histoire livré aux vandales !» En effet, et pour l'anecdote, il se trouve que le parc de la commune fait face, sur la même rue, au cimetière d'El Hadj M'barek.Quant au cimetière central, définitivement fermé par arrêté communal, beaucoup reste à faire, non seulement pour les aménagements intérieurs, telles les allées principales et secondaires, mais aussi pour des campagnes de débroussaillement et nettoiement. «Je ne comprendrais jamais pourquoi des arbres ne sont pas plantés là où cela est possible !», s'interrogent des visiteurs. Depuis, le mois de février 2014, le nouveau cimetière, qui, faudrait-il le souligner, est situé à quatre kilomètres du centre-ville, en dehors de l'agglomération, sur la route de Aïn Larbi, accueille les sépultures. Bien que récent, il connaît, lui aussi, son lot d'inconvénients et de critiques acerbes. «D'abord c'est loin ! il n'y a pas de transport pour s'y rendre, ne serait-ce qu'un prolongement de la ligne urbaine ou un arrêt officiel pour la ligne Guelma-Aïn Larbi, avec abri», nous ont déclaré, hier encore, plusieurs personnes aux portes du cimetière. Et de conclure : «Certains viennent en voiture personnelle ou avec des voisins, mais pour le reste ils sont contraints de prendre un taxi à 300 dinars la course si ce n'est plus !» Quoi qu'il en soit «si paix il y a aux morts, les vivants n'ont pas fini de trimer», nous dit-on.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Dadci
Source : www.elwatan.com