Guelma - A la une

Une célébration qui prend tout son sens



Une célébration qui prend tout son sens
Le soixantième anniversaire de l'assassinat du chahid Larbi Ben M'hidi, héros de la guerre de Libération nationale, sera célébré aujourd'hui et demain à Oum El-Bouaghi et à Aïn M'lila, en présence du ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni. Un colloque national, dans sa troisième édition, sur le parcours de Si Larbi s'est ouvert, hier, à l'université qui porte son nom, et s'étalera sur deux jours.Arrêté le 23 février 1957, lors de la Bataille d'Alger par les parachutistes de Bigeard, commandant du 3e RPC, Larbi Ben M'hidi a été pendu dans la villa d'un colon, située à 20 km au sud d'Alger, dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, par le général Aussaresses. Un procès Ben M'hidi n'était pas envisageable, car il aurait entraîné des répercussions internationales. En effet, le Pr Chergui, de l'université de Guelma, révélera durant le colloque sur le chahid, tenu l'année dernière, que l'arrestation de Ben M'hidi demeure encore une énigme en raison des contradictions constatées dans les versions des acteurs de l'époque, dont Massu, Bigeard, Yacef Saâdi, Benchicou. Selon lui, seules deux versions concordent, celles de Benyoucef Benkhedda et de Chergui Brahim dit H'mida.Le général Paul Aussaresses, l'assassin de Ben M'hidi, avait confié, le 23 novembre 2000 au journal Le Monde, qu'il avait lui-même exécuté des prisonniers et ordonné la mort sans jugement de centaines de suspects. Il va sans dire que cette célébration se déroule dans un contexte quelque peu particulier, dans le sens où la question de la reconnaissance des crimes de la colonisation s'est, de nouveau, invitée au débat, suite aux déclarations du candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron. "La colonisation fait partie de l'histoire française, c'est un crime, un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ce geste", a-t-il dit. Cette déclaration qui, à travers les réactions qu'elle a suscitées en France, a le mérite d'abord de briser un tabou, celui du débat sur la période coloniale, resté jusque-là chasse gardée et un fonds de commerce des pieds-noirs, de la droite et de l'extrême droite, ensuite de révéler, par sondage, que la moitié des Français donnait raison à Emmanuel Macron, alors qu'il y a encore quelques années, une majorité de l'opinion française était hostile au sujet. L'avocate française, Nicole Dreyfus, décédée en février 2010, n'avait-elle pas déclaré en 2006 à Guelma, à propos des massacres du 8 Mai 1945, qu'"il est scandaleux que l'odieux massacre de Sétif, organisé par les représentants de l'Etat français, n'ait jamais donné lieu à une poursuite pour crimes contre l'humanité".B. NACER
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)