L'agence nationale de l'emploi (ANEM) de Guelma travaille à porte close le dimanche et le mardi, jours de réception. L'affluence des demandeurs d'emploi y est telle que l'exiguë administration, dont le siège se trouve au niveau de l'ancienne caserne du chef-lieu de wilaya, ne peut traiter les dossiers que par vagues de 4 à 6 chômeurs.
A la limite de l'humiliation, les jeunes sans-emploi, une cinquantaine à vue d''il, que nous avons rencontrés, un jour de réception, à l'extérieur de l'édifice, affalés à même le sol sur le parvis de cette agence, n'ont pas mâché leurs mots pour dénoncer cette situation : « Est-ce une façon d'accueillir les universitaires ' Les agents n'ont aucun respect pour nous, ils nous traitent comme du bétail ». Et d'ajouter : « Nous sommes informaticiennes, ma copine et moi. Elle est au chômage depuis 2004, et moi depuis 2005 ». A quelques pas, une autre personne nous aborde pour dire : « Dites-leur que les diplômés souffrent. Nous n'avons pas de travail. J'ai un DEA en génie civil et je chôme depuis 2001 ». Mais, il n'y a pas que les diplômés universitaires demandeurs d'emploi à Guelma. Un jeune, la vingtaine, avance qu'il a une qualification en menuiserie. Faute de trouver un travail ou même de créer sa propre affaire, il est là, nous dit-il, pour obtenir n'importe quel travail que l'agence lui proposerait. Qu'en est-il au juste ' Il a fallu jouer des coudes et une bonne dose de persuasion pour finalement franchir la porte de l'édifice et celle du directeur. Questionné, ce dernier répond :« Nous recevons, chaque jour, plus de 100 personnes pour les inscriptions au niveau de l'agence . Je traite personnellement entre 40 et 50 dossiers, les jours de réception. L'édifice est exigu.Cependant, un nouveau siège est en construction à la sortie de ville sur la route de Constantine, et nous avons déjà été doté du matériel informatique. » Pour ce qui est du taux de chômage enregistré ou le nombre de demandeurs d'emploi dans la wilaya de Guelma, le directeur de cette agence, à notre grand étonnement, n'a pu nous communiquer aucun chiffre. Néanmoins, il dira que l'agence a distribué 860 postes dans le cadre du dispositif d'aide à l'insertion professionnelle (DAIP), et ce au niveau des directions de l'exécutif et des collectivités locales, et que l'opération est toujours en cours, ce qui expliquerait, selon ce responsable, le rush des demandeurs d'emploi sur cette agence. Selon nos sources, plus de 13 000 demandes d'emploi d'insertion professionnelle ont été enregistrées à l'ANEM de Guelma, de juin 2008 à mars 2009, alors que l'offre, durant la même période, n'excédait guère les 7 000, dont 4 391 dans le secteur public et 2 618 dans le privé. Combien de jeunes ont trouvé un emploi durant cette période ' Combien de diplômés restent, à ce jour, au chômage depuis qu'ils ont quitté les bancs de la fac ou des centres d'apprentissage ' Une chose est certaine : ils sont des milliers, nous est-il affirmé, qui se sont reconvertis au commerce ou tout bonnement ont quitté le pays pour des cieux plus cléments. L'effondrement des sociétés nationales à caractère économique, ainsi que la vocation agricole de la wilaya joueraient également en défaveur de cette frange de la société.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Karim Dadci
Source : www.elwatan.com