La dernière fois que ce sujet a été traité dans cet espace, c'était à l'ouest du pays (Relizane) que les services de sécurité, les autorités locales et le « mouvement associatif » se sont mobilisés pour sensibiliser les citoyens sur les dangers de la route. Comme il ne s'est passé que quelques mois depuis, il n'est pas très juste de demander les résultats obtenus en la matière pour une période aussi courte. Enfin, disons qu'elle est courte. D'abord parce que la « tradition » veut que les évaluations du genre se fassent chaque année, ponctuées de « bilans de conjoncture » qui tient généralement dans l'humeur des décideurs du secteur, c'est-à-dire dans les... résultats. Ce n'est pas souvent évident que les bilans servent ou desservent les plans de carrière mais il faut quand même s'y faire, sait-on jamais. Ensuite, et c'est plus important, quand on est autant sceptique, sans aucune illusion quant à l'efficacité d'un procédé, on peut allonger les délais à l'envi. Dans le langage du terroir, on a trouvé une formule de grande finesse pour exprimer ça : « Poursuivre le menteur jusqu'au seuil de sa porte » ! En l'occurrence, il ne s'agit peut-être pas de mensonge et de menteur mais d'action et de résultats : ce n'est pas brillant, manifestement. Pourquoi ' Une réponse tranchée relèverait de la prétention. Mais on sait qu'en matière de lutte contre les accidents de la route, de la délinquance et de l'incivilité routières, les modes opératoires sont anachroniques, la logistique obsolète et le déploiement velléitaire. Voyons par exemple comment ces « campagnes de sensibilisation » qui semblent intégrées pour l'éternité comme panacées, vont de l'est à l'ouest, du nord au sud et finiront à, coup sûr, de... Charybde en Scylla ! C'est donc à l'est du pays, cette fois-ci, plus précisément à Guelma, que la police et la gendarmerie vont « sensibiliser », 15 jours durant, les automobilistes pour les persuader à respecter le code de la route, faute de les dissuader de le piétiner, comme ils le font allégrement à chaque détour. Est-il encore utile de rappeler que seule la rigueur de la loi, qu'il faudra par ailleurs revoir de façon à ce qu'elle soit la plus dissuasive possible, est à même d'atténuer les drames quotidiens qui classent l'Algérie dans le peloton de tête des pays les plus meurtriers sur les routes. Et pour rester dans la « petite histoire » en reconvoquant le terroir, apprécions ce slogan de campagne pour Guelma : « Avec le respect du code de la route, tu protèges les autres et toi-même» ! L'âge d'avant l'âge de pierre de la communication. Si avec « ça », on sensibilise quelqu'un, c'est que quelqu'un, quelque part, n'a rien compris. Ni au code la route, ni à la route, ni à ses drames, ni à ses délinquants, ni à ses criminels.S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com