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Massacres du 8 mai 45, attention à l'amnésie



Massacres du 8 mai 45, attention à l'amnésie
Plutôt étrange, voilà un 8 mai dont la commémoration ne semble pas tellement préoccuper les esprits et surtout faire sortir d'une certaine léthargie ceux qui avaient pour habitude d'en claironner l'organisation des jours, voire des semaines auparavant. Parfois plus que de l'organisation, il s'agissait littéralement d'agitation et d'ailleurs autant en France, notamment dans les milieux d'extrême droite quoi que pour les raisons tout à fait opposées à celle officielle, laquelle consistait en la célébration de la victoire contre l'Allemagne nazie.Quoiqu'il en soit, de l'autre côté de la mer et même si avec le temps ils sont de moins en moins nombreux, bien des nostalgiques ou ce que l'on appelle les «Nostalgériens» n'en démordent pas et continuent de se poser en victime d'étapes historiques au cours desquelles successivement le peuple algérien a construit et obtenu son indépendance. Ainsi sont perçus comme des dénis de justice à leur endroit les 19 mars, 8 mai et 5 juillet. Et si des deux côtés de la mer, bien des historiens ont campé, soit par chauvinisme, par excès de patriotisme ou tout simplement par perpétuation d'un mensonge officiel érigé en vérité absolue, il n'en demeure pas moins que le temps et la raison populaire ne tiennent plus compte de certains détails de l'Histoire notamment celle triturée. L'essentiel étant de créer un cadre mutuel apaisé autour de la dissection d'une succession d'évènements historiques d'une grande gravité dans le sens où il s'agit de l'invasion d'un pays, de l'assujettissement et d'une politique de déculturation de son peuple sur plus d'un siècle et un quart, en plus de pratiques génocidaires comme celle du 8 mai 1945. En somme, l'anéantissement d'une nation. Jusque-là, le défi de la commémoration des évènements qui ont ébranlé Sétif, Guelma, Kherrata a été à chaque fois relevé. Autant les pouvoirs publics que les associations, organisations et autres fondations ad hoc, n'ont jamais manqué de marquer par la présence de leurs animateurs, leurs adhérents, leurs amis, leurs publics, leurs illustres invités, entre historiens ainsi que, pour ceux encore en vie, des acteurs directs des massacres de l'époque. La nature et la consistance des programmes supports des manifestations éparses tant à Guelma, Sétif, voire sur d'autres parties du territoire permettaient de garder dans un état de vivacité permanent l'authenticité de ces pages d'Histoire et surtout d'entretenir la mémoire collective. Ce qui ne semble plus être le cas depuis quelques années d'où malheureusement le risque de préparer sur le long et même le moyen terme le lit d'une inévitable amnésie comme cela est visiblement le cas pour bien d'autres commémorations.Même s'il n'est plus question de faire dans la victimisation excessive, l'Algérie autant que ses institutions ont le devoir de conférer à la journée d'aujourd'hui une attention particulière non plus en s'appesantissant sur les seules atrocités commises initialement par les forces armées régulières et les milices françaises, mais aussi d'écrire dans toute sa rigueur les pages de cette tranche d'histoire nationale car il ne faudrait pas que passe à la trappe un acte génocidaire qui a fait 45 000 morts au sein de la population algérienne dont le seul tort était de saluer la capitulation allemande en brandissant l'emblème national et en appelant à son indépendance au même titre que le reste des pays d'Europe qui ont eu à subir le totalitarisme de l'Allemagne nazie. A. L.


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