
Le malaise est profond à l'usine de céramique de Guelma. Depuis plusieurs mois, ce complexe est à l'arrêt. Mais contre vents et marées, les employés ne baissent pas les bras.Jeudi dernier, ils ont observé pour la énième fois un sit-in devant de l'usine, dans le but d'attitrer l'attention des autorités locales, mais surtout celle du gouvernement. «Nous savons que le ministre de l'Industrie a sur sa table le dossier d'ETER Algérie SPA (ex-ECVE) cédée au repreneur italien. Nous exigeons que ce dossier soit étudié avec sérieux», nous déclarent des travailleurs et membres de la section syndicale de l'usine affiliée à l'UGTA. «Nous sommes sans salaire depuis deux mois, c'est vous dire les difficultés que nous rencontrons pour subvenir aux besoins de nos familles et principalement en ce mois de Ramadhan et à l'approche de l'Aïd», concluent-ils. «Nous exigeons l'intervention du Premier ministre et celui de l'Industrie et des Mines pour sauver notre usine et de résilier, à raison, avec le repreneur italien qui a failli à tous ses engagements, lequel est en plus absent depuis plus d'une année», tiennent-ils à préciser.Le représentant de la section syndicale a conforté les déclarations des travailleurs par un communiqué de presse dont nous détenons une copie. Une autre revendication est venue également appuyer la thèse que l'usine de céramique de Guelma peu reprendre son activité. «Un dossier a été déposé auprès du ministère par un actionnaire algérien, pour relancer le complexe. Cet actionnaire, faudrait-il le souligner, a assuré et assure encore les salaires des employés malgré que l'usine soit à l'arrêt. Mais visiblement le ministère ne trouve toujours pas de solution à cette crise», lit-on dans le même document.Pour rappel, la cession de l'ex-entreprise céramique et vaisselle de l'Est (ECVE) de Guelma, devenue la société ETER, a été entérinée le 19 décembre 2006 par le CPE avec avis favorable du ministère de l'Industrie. Son inauguration en grande pompe, en 2007, a eu lieu en présence de son actionnaire majoritaire, également président-directeur général, Graziano Giacobazzi, accompagné des autorités locales. Ce jour-là, il apporta aux 245 employés présents sa dose d'un avenir radieux pour l'usine. Depuis cette date, le business plan et le plan directeur se sont succédé sans résultat probant. Pire encore, les dettes ont atteint 120 milliards de centimes. Le gaz est coupé depuis plus d'une année. Les ventes aux enchères des machines sont devenues fréquentes et pour couronner le tout, il ne reste que 83 travailleurs, administratifs inclus.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Dadci
Source : www.elwatan.com