Guelma - A la une

Les traditions ont cédé du terrain



Les commerces de Guelma espèrent un sursaut de dernière minute. Pour l'heure, les ventes sont en repli. Les trois derniers jours avant la fête de l'aïd el-Fitr seront décisifs pour le marché de vêtements, de chaussures et accessoires pour enfants.Malgré les apparences, et notamment les nouvelles décorations apportées aux magasins de la rue d'Anouna, des boulevards Souidani-Boudjemaâ et 1er-novembre?, le c?ur n'y est pas tout à fait chez les guelmois. Il y a peu d'ambiance, peu de ventes? «Regardez, les caissiers se roulent les pouces, et parmi ces gens, il y a plus de curieux que de vrais clients», se désole le gérant d'un magasin de prêt-à-porter pour enfants au centre commercial du boulevard du Volontariat. Et d'enchaîner «on espère qu'il y aura un sursaut sur les trois derniers jours avant l'Aïd». Et même si les consommateurs ont l'habitude de faire plaisir à leur progéniture à l'occasion de ces fêtes et de desserrer un peu plus leur budget, les effets de la crise sont bel et bien là. Les détaillants en prêt-à-porter attribuent la baisse du trafic dans les magasins au pouvoir d'achat qui ne cesse de s'éroder. Bien que cela puisse l'expliquer en partie, «ce n'est pas, à mon avis, la seule raison», estime un autre commerçant du «bazar» de la cité Bencheghib. Selon lui, «le marché est perturbé par de nouveaux comportements. Les clients deviennent de plus en plus difficiles, ils se donnent des informations, regardent les produits et les comparent, ils prennent tout leur temps pour prendre une décision».
«Aujourd'hui, les consommateurs consultent le net pour s'inspirer. Ils vont sur des pages Facebook et d'autres sites, selon le type de produits recherchés. Certaines familles plus ou moins aisées ciblent même des boutiques dans les wilayas de Skikda, Constantine et Annaba pour espérer trouver les produits convoités. Mais les plus sensées veulent trouver pour leurs enfants l'objet rêvé à un prix qui leur convient et qui respecte leur capacité de payer», ajoute une employée. «Il faut être inventif pour résister à ces changements de comportements, comme de proposer des produits ciblés et de qualité, pour répondre aux exigences de cette nouvelle catégorie de clientèle», estime ce professionnel qui tient un magasin de vêtements pour enfants au boulevard Souidani-Boudjemaâ, un endroit très fréquenté en ce moment. Presque le même constat pour le commerce des produits et ingrédients indispensables pour les différentes pâtisseries, la morosité est aussi de mise. «La demande est très tendue, on s'attendait à ce recul car la crise se fait ressentir», déclare un commerçant de la rue du marché Harcha-Hacène du centre-ville de Guelma. Mais la crise n'explique pas tout. Car le comportement des consommateurs a aussi changé. Les traditions ont cédé du terrain pour un tas de raisons. Finies les m?urs d'antan où les ménagères supportent la longue et ardue «corvée» dans la préparation du «makrout» et la «ghribia».
Décidément, ces fêtes religieuses ont tendance à s'estomper au fil des années...
Noureddine Guergour
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