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Les pratiques spéculatives persistent



Les pratiques spéculatives persistent
Une baisse sensible de 100 à 70 DA sur le prix/kg à la consommation de la pomme de terre, semences toutes catégories a été enregistrée ces derniers jours sur le marché national.Cette situation intervient après plusieurs mois de mainmises sur le marché national des spéculateurs sur ce tubercule. Ce qui confirme la déclaration du président de la Fédération nationale des producteurs de plants et de pomme de terre, Ahcène Kedmani. Interrogé, il avait affirmé, au début de l'année 2017, que les prix de la mercuriale allaient poursuivre leur baisse pour se stabiliser, autour de 40 DA/kg. On n'en est pas encore là en ce début de mois de mai au cours duquel l'on a noté une fluctuation des prix entre 65 et 75 DA/kg. Au même moment, il est question de production record atteignant 1,8 million de quintaux.Ce qui n'annonce rien de bon à quelques jours du Ramadhan durant lequel ce tubercule propice à la confection de tous les plats en cuisine est très prisé. D'où la question que d'aucun se posent quant à la politique appliquée par l'Etat au début des années 2000 portant sur le financement de tout projet d'acquisition et d'exploitation de chambres froides à travers tout le pays. La démarche était censée contrecarrer les pratiques spéculatives. C'était compter sans le mercantilisme des agriculteurs spéculateurs. Particulièrement les spécialistes de la production du tubercule jaunâtre.Bénéficiaires des crédits de l'Etat, les uns ont cédé à la plus-value leur chambre froide. Il y a ceux qui, après avoir perçu les crédits via des fournisseurs et des fausses factures, ont orienté leurs activités vers d'autres créneaux plus lucratifs. Une minorité ont préféré transformer cette aide en véhicules de tourisme, la construction de résidence secondaire ou en séjours touristiques dans divers pays. A ce jour, bien qu'ils n'aient pas remboursé les crédits, ils n'ont pas eu à rendre des comptes. Pis, bien qu'inscrits sur la liste des mauvais payeurs des prêts que l'Etat leur a accordés, certains ont réussi à décrocher d'autres crédits.C'est pourquoi, le secteur agricole reste confronté aux mêmes difficultés de rendement, de stockage et de commercialisation des produits agricoles frais telle la pomme de terre. Le bon taux de production enregistré ces derniers mois est à l'origine de la baisse du prix/kg appliqué de ce tubercule jaunâtre Il reste tout de même élevé pour les petites bourses. Avec l'approche du Ramadhan, les prix risquent de s'envoler une nouvelle fois. Il s'agira non seulement de la conséquence de la forte demande, mais également des pratiques spéculatives appliquées par les intermédiaires. Ces derniers louent des chambres froides réalisées sur crédits bancaires accordés dans le cadre du Fonds National de Développement Agricole.Ce qui leur permet de réguler sans intervention de l'Etat grâce à un dosage des opérations de déstockage dans le sens du maintien de la pression sur des produits agricoles comme la pomme de terre. «Du fait d'absence des moyens de stockage adaptés à proximité de nos terres, nous sommes contraints de limiter notre récolte à la quantité que nous sommes en mesure de commercialiser rapidement. Il est vrai que les crédits alloués par l'Etat pour l'acquisition des chambres froides ont servi à d'autres fins», assure un agriculteur de Guelma. Dans cette région, la pomme de terre demeure l'un des produits agricoles le plus commercialisé.Les agriculteurs déplorent les difficultés liées à sa conservation, sa commercialisation et même à la cherté des intrants pour la production de cette légume. A entendre un les techniciens agricoles chargé d'appuyer les producteurs en techniques de production et de commercialisation, la production de la pomme de terre n'est bénéfique que pour les spéculateurs. Il est dit, par ailleurs, que la production du tubercule jaune requiert une disponibilité en terre, en engrais, en compost et en eau. Elle impose la fixation arbitraire du prix que les agriculteurs disent être contraints de subir. Les mêmes agriculteurs sont unanimes pour affirmer que leurs difficultés majeures portent sur la cherté des intrants, la problématique de la conservation et la commercialisation D'une seule voix, ils lancent un cri du c?ur pour la réhabilitation des barrages de la région et la construction d'autres barrages et forages, ainsi que de chambres froides de type solaire pour la conservation, compte tenu du coût très élevé du courant électrique pour les paysans.«Cela va permettre de réduire les coûts de production et de rendre la pomme de terre accessible à tout un chacun», explique un de nos interlocuteurs. Il a, par ailleurs, démenti toute possibilité de cessation d'ici 2019 de l'importation de la semence. Il n'en demeure pas moins que ces dernières années, selon les statistiques du ministère en charge du secteur agricole, l'Algérie n'importe, aujourd'hui, que 20% des semences, 80% étant produites localement. Il est nécessaire de révéler que notre pays importait entre 60 et 80 millions d'euros trois catégories (classe SE (super élite), classe E (élite) et classe A) de semence de pomme de terre annuellement.
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