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«Les groupes de nostalgiques essaient de s'enraciner dans la vie politique française» Mauss-Copeaux Claire analyse les représentations partisanes et affirme :



«Les groupes de nostalgiques essaient de s'enraciner dans la vie politique française»                                    Mauss-Copeaux Claire analyse les représentations partisanes et affirme :
Photo : S. Zoheir
Propos recueillis par
Amar Rafa

La tribune : Tout d'abord, une explication de l'intitulé de votre communication.
Mauss-Copeaux Claire : Les représentations qui ont cours en France à propos de la Guerre d'Algérie, sont trop souvent marquées par le colonialisme, et l'idéologie colonialiste. Pas seulement. Parce qu'il y a d'autres facteurs qui interviennent, mais il y a toujours ce vieux fond de colonialisme qui subsiste. Dans mon intervention je décortique les images en particulier. Je parle du film de Patrick Rotman : «L'ennemi intime». Un documentaire qui reflète à mon avis une grande partie, et une part de cette idéologie.

Vous voulez parler de groupes de pressions '
Oui, voilà. De lobbies colonialistes.

Mais que représentent-ils dans la France actuelle '
Si vous voulez avoir des informations sur les lobbies colonialistes, il y a un site extraordinaire en France. C'est celui de la Ligue des droits de l'Homme, qui joue un rôle d'observateur et qui rassemble toutes les informations sur ces gens-là et les critique. La Ligue des droits de l'Homme de Toulon fait un travail énorme qui m'a permis aussi d'avancer beaucoup plus vite dans l'analyse de ces représentations. Parce que ces groupes sont des groupes de nostalgiques, aussi bien militaires que civils. Ils ont beaucoup de puissance dans le sud de la France, et essayent, surtout à l'époque du président Sarkozy, de s'enraciner dans la vie politique française. Ce sont des groupes très dangereux parce qu'ils sont tournés vers le passé, et ne pensent qu'à cela. Un passé de haine auxquels ils s'attachent. Ce qu'il faut actuellement, c'est une analyse précise du passé, de manière à tourner la page, reconnaître ce qui s'est fait, les violences qu'on a imposées aux Algériens, afin de tourner la page et avancer dans une véritable fraternité.

Et qu'en pense la majorité des Français '
Heureusement. Je vais vous dire, il ne faut pas être obnubilé par les lobbies colonialistes parce que les descendants d'émigrés algériens étaient sur les bancs de l'école. J'en ai eu, j'ai travaillé dans des lycées où les 9/10 de la classe avaient des prénoms algériens. Ils étaient avec des Français, qui n'ont plus la vision de leurs aînés. Ces jeunes français ont fréquenté les Algériens, ils ont vu qu'ils étaient des gens comme tout le monde. Ce sont leurs copains. Donc, pour eux ce vieux discours colonialiste n'a plus de réalité. Il faut espérer qu'ils l'emportent.

Et comment voyez-vous justement l'avenir des relations algéro-françaises '
Je vois que du point de vue de la recherche, des efforts sont faits. Qu'il y a des chercheurs algériens et français qui travaillent ensemble. Par exemple, ce colloque est un moment très important, pour la rencontre entre chercheurs algériens et français. Mais, je sais aussi, que le Centre des glycines à Alger, rassemble des chercheurs des deux pays, et je pense qu'en travaillant ensemble, avec nos différences, nos points de vue différents nous arriverons à faire quelque chose, qui aura du relief, parce qu'on ne sera pas tous d'accord. Mais on n'est jamais tous d'accord dans une même famille.

Vous avez justement cité l'exemple du 20 août 1955, qu'en est-il au juste '
Le 20 août 1955, c'est une date importante dans l'histoire de la guerre d'Algérie. Ce n'est pas le début de la guerre. Et là, l'histoire aussi est une représentation. Parce qu'on avait commencé la guerre au 1er novembre 1955, d'autres l'ont commencée en France le
20 août 1955. Puis, les historiens ont commencé de remonter un peu plus loin, grâce aux travaux d'un historien qui a travaillé sur les événements du 8 mai 1945, et qui a vraiment montré ce qui s'est passé à Guelma ce jour là. M. Perrenoud Marc, a très bien travaillé sur ce thème, et de fil en aiguille on retrace la genèse du conflit. Je pense qu'un jour les historiens enfin arriveront à la date première de l'origine du conflit : l'occupation de l'Algérie en 1830.
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