Un seul lit pour trois cancéreux, qui sont contraints de rester assis pendant trois heures sur des chaises inconfortables.La deuxième session 2019 de l'APW, tenue mercredi dernier, a été essentiellement consacrée au dossier de la santé qui a fait l'objet d'un état des lieux détaillé de la part des membres de la commission ad hoc. En effet, les locataires de l'APW se sont illustrés par des interventions pertinentes qui ont mis en évidence des carences avérées de ce secteur stratégique, souvent décrié par la population. Contre toute attente, c'est le témoignage émouvant du vice-président de cette institution, Farid Benzaïche, qui a retenu l'attention de l'assistance visiblement bouleversée : "Il est de mon devoir de révéler à cette auguste assemblée un message d'un cancéreux qui tenait à contribuer financièrement à la réhabilitation du service d'oncologie domicilié dans une aile de l'hôpital Ibn-Zohr, bâti à la fin du 19e siècle, durant l'occupation coloniale. Ce service créé ces dernières années est dans un état de dégradation avancée et cela se répercutait négativement sur la prise en charge des malades qui évoluaient dans un espace manifestement inadapté. L'un de ces derniers, promoteur immobilier de son état, a déploré cette situation en constatant qu'un seul lit était dévolu à trois cancéreux qui étaient contraints de rester assis pendant trois heures sur des chaises inconfortables ! Déterminé à rénover ce service, il fait appel à un bureau d'études qui évalue cette opération à la somme de 1,4 milliard de centimes, mais il se heurte au refus de l'administration qui prétexte des motifs bureaucratiques. En dépit de son état de santé alarmant, il décide de me contacter afin de l'assister auprès des autorités locales pour lui permettre de concrétiser ce projet qui lui tenait à c?ur ! Il m'apprend qu'il était disposé à débourser 2 milliards de centimes pour améliorer le quotidien et la prise en charge des cancéreux de la wilaya de Guelma !"
M. Benzaïche, d'une voix nouée par l'émotion, poursuit : "D'un commun accord, nous avions convenu de nous rencontrer la veille du mois sacré du Ramadhan dans mon bureau à l'APW à 15h. J'avais attendu vainement mon interlocuteur qui n'avait pas honoré son rendez-vous, car j'avais appris qu'il venait de mourir, emporté par cette maladie implacable."
Retenant difficilement ses larmes, cet élu a créé un silence de cathédrale dans l'enceinte de l'APW. Il a déploré que ce mécène, Raâbir, ait donné à titre posthume une leçon magistrale d'humanité et de générosité à une administration rigide et figée dans ses règlements froids et impersonnels.
Ce témoignage bouleversant est à méditer.
HAMID BAALI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : BAALI Hamid
Source : www.liberte-algerie.com