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L'Eternel Jugurtha de Jean Amrouche : la conscience d'un peuple contre le colonialisme (universitaires) Culture



L'Eternel Jugurtha , un essai de Jean El Mouhoub Amrouche publié en 1946, traduit la prise de conscience du peuple algérien pour la lutte contre le colonialisme français , ont indiqué, mercredi, Mme Nadia Tidmimit et Soraya Cherfioui, enseignantes au département de langue française de l'université de Tizi Ouzou.
Intervenant à l'occasion d'un hommage rendu à Mouhoub Amrouche par la direction locale de la Culture, ces deux universitaires ont mis en exergue l'utilisation, par cet écrivain, du mythe de Jugurtha, ancien roi berbère qui s'était rebellé contre Rome, pour traduire le caractère imprévisible de l'Algérien, généreux, passionné et très attaché à sa liberté .
L'Eternel Jugurtha » publié en 1946, soit au lendemain des massacres commis par l'armée coloniale le 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, se voulait un avertissement et une mise en garde de la part de l'auteur à l'endroit des colonisateurs, contre la colère d'un peuple qui refuse de se plier sous le joug colonial.
Jugurtha est à la fois la personnalité collective et individuelle, du moment qu'il traduit le refus du peuple algérien de se soumettre à une puissance coloniale qui l'exploite , ont observé les deux conférencières.
Ce mythe de Jugurtha symbole du soulèvement contre l'oppression, a été ensuite repris et cité dans la littérature algérienne, notamment par Kateb Yacine dans Nedjma et Mouloud Mammeri, dans La Traversée , L'Opium et le bâton et La Colline oubliée , ont-elles souligné.
Jean El Mouhoub Amrouche est né le 7 février 1906 à Ighil Ali (wilaya de Bejaia). Il fit ses études secondaires au collège Alaoui de Tunis puis quitta la Tunisie pour l'école normale de Saint-Cloud (France). Il publia son premier recueil de poésies Cendres en 1934, suivi d'un deuxième recueil Etoile secrète en 1937. En 1939 il publia Les Chants berbères de Kabylie .
En 1959, il fut destitué de son poste de directeur de la rédaction à la ORTF (Office de Radio et Télévision françaises), à cause de son engagement politique pour l'indépendance de l'Algérie, exprimé dans le poème le combat algérien , où il écrit : On nous ne trahira plus, on nous ne fera plus prendre des vessies, peintes de bleu, de blanc et de rouge, pour les lanternes de la liberté ('). Ici et maintenant nous voulons vivre libres à jamais sous le soleil, dans le vent, la pluie ou la neige. Notre patrie, l'Algérie .
Peu avant sa mort le 16 avril 1962, un porte-parole du ministère de l'information du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) déclarait à l'APS que cet homme de lettres, profondément marqué par la culture française et la formation catholique, a pris conscience, en 1954 des racines profondes qui l'attachaient à son peuple. Depuis, Jean Amrouche n'a cessé de militer pour la cause algérienne .
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