Les partisans de l'Alliance présidentielle ont perdu leur pari. Le front n'a pas fait preuve de l'homogénéité demandée, des couacs sont apparus dès les premiers jours de la campagne électorale.Abla Cherif - Alger (Le Soir) - Septembre 2017. En prévision des élections qui se profilent, Ahmed Ouyahia reçoit les partis de l'Alliance présidentielle. Le message qu'il leur transmet a le mérite d'être clair. L'essentiel des actions à venir, fait-t-il savoir à ses hôtes au Palais du Gouvernement, doit être basé sur le dernier message du président de la République. Un message dans lequel Abdelaziz Bouteflika invite en filigrane ses partisans à faire preuve d'union et à s'exprimer d'une même voix «pour faire barrage aux ennemis de l'Algérie».
La réunion se tient après l'épisode peu glorieux traversé par les partis de l'Alliance durant la campagne pour les législatives. Les quatre formations qui la composent se sont livrées une guerre sans limites quotidiennement rapportée par les médias de la presse nationale. Dans cette guerre prédominait alors une bataille sans pareille opposant les responsables des deux partis majoritaires, le FLN et le RND. Ouyahia, Ould-Abbès et même plus bas dans l'échelle, les cadres du partis s'entre-déchirent dans des déclarations fracassantes. Les faits semblent déplaire au plus haut point en haut lieu puisque le Président Bouteflika appelle ses partisans à faire front.
Au cours de la réunion qui se déroule en septembre, Ouyahia déclare publiquement : «Le Président a raison.» Un mois plus tard, en octobre, le Premier ministre préside une nouvelle rencontre avec les quatre partis de l'Alliance. TAJ de Amar Ghoul, le MPA de Amara Benyounès, le FLN et naturellement le RND représenté par Seddik Chihab sont tous d'accord pour le principe «d'union autour du Président». Mais sur le terrain, les choses évoluent autrement. A peine entamée, la campagne enregistre de nouveaux couacs émanant de ses centres mêmes appelés à la retenue. De Guelma, où il se trouvait en meeting au cours du week-end dernier, Amara Benyounès lance un missile en déclarant que «l'ère de la légitimité historique est terminée».
Le président du MPA rappelle que «cette époque est terminée et qu'il est temps de passer à autre chose à présent». L'allusion s'adresse clairement à Ould-Abbès. Quelques jours plus tard, Amara Benyounès va plus loin en affirmant que le «nouveau président de la République ne pouvait être connu et élu que par les Algériens». La déclaration se veut une réponse en règle aux derniers propos du patron du FLN qui affirmait récemment que le prochain Président serait issu des rangs du FLN. Habituellement prompt à répondre à ses adversaires, Ould-Abbès ne répond pas cette fois-ci. Il se trouve en Russie pour représenter le président de la République à un événement international. D'aucuns considèrent le fait comme une marque de confiance supplémentaire à l'heure où certains le disent en perte de vitesse. Ould-Abbès est donc loin du terrain.
Dans la presse nationale, des commentaires vont bon train affirmant que cette absence est mise à profit par Ouyahia pour faire de l'ombre à son concurrent de toujours. En dépit de son emploi du temps surchargé, il trouve le temps pour faire passer ses messages. Ainsi, celui-ci affirme que «le temps est venu d'assainir et de réformer l'administration».
Une réforme dont on ne sait pas encore grand-chose, commentait cette semaine la presse nationale en faisant remarquer que l'allusion s'adressait, là aussi, nettement au FLN. Mais son patron est ailleurs, loin du pays et ne peut apporter les réponses qu'il souhaite pour l'instant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A ”ˆC
Source : www.lesoirdalgerie.com