Il n'est pas assez difficile de se forger une opinion sur le champ devision environnementale qui s'offre à nous à chaque levée du jour où, en quêted'assouvir le plaisir des yeux, nous ne balayons que des paysages meurtris parla grisaille du ciel et du ciment ou le noir bitumeux des voies urbaines. Deseffets pervers de l'insouciance humaine ont réussi à exclure toute symétrie desrepères ou hiérarchisation des ensembles, au point d'accélérer le processus dedénaturation de nos villes, entravant ainsi l'harmonieuse répartition desconstructions et annihilant tout effort consenti en vue d'un urbanismerationnel, cohérent et fonctionnel. L'extension de la ville fut à l'origineorientée sur le cap sud-sud-ouest projetant l'occupation des bas contreforts aupied du mont de la Mahouna, dont les reliefs y attenants aspiraient à unreboisement intensif et à haute qualité d'agencement sylvestre. Les différentsplans directeurs mis en oeuvre depuis plus d'un tiers de siècle n'ont pasmanqué, dans le maillage alterné, de se faire biseauter par des desseinsspéculatifs, l'excès de zèle ou d'incivilités envers les équilibressocioéconomiques et écologique de la cité. En cela, la variante de créationde segments attractifs et les vecteurs multidimensionnels d'une bonneoccupation des sols n'ont abouti qu'à une prolifération des infrastructures nonconsolidées par des liaisons durables et cohérentes, sans omettre les induesdécoupes sur des espaces destinés à la dispersion des flux d'échanges et àl'aération de la ville. Dans ce chaos environnemental où la chose publique,l'édilité et le civisme sont relégués au second plan, l'on ne peut queconcevoir une urbanisation en perpétuelle refonte et en constante quête d'unehypothétique nuance esthétique. C'est dans cet état d'âme de nos villesmélancoliques que l'on s'apprête à mettre en application les dispositions de lanouvelle loi adoptée par l'APN le 27 mars 2007, relative à la gestion, laprotection et le développement des espaces verts. Pourvoir instaurer un réseau vertdans le tissu urbain ne relève pas de l'utopie, et pour veiller àl'amélioration du cadre de vie des citoyens, la réussite passe parl'application stricte et sans démesure ni discrimination, des règles régissantla matière urbanistique. Ceci demeure l'apanage des technocrates de la filièreconsciencieusement prévenants et imprégnés des concepts évolutifs, modulablessur les valeurs tissulaires et réticulaires dans un projet d'ensembleprometteur. De nos jours, l'on se cantonnedans le train-train de la fonctionnalité routinière, sans projection futuristed'objectifs communautaires ni l'intensification de l'action urbaine commecatalyseur de l'essor d'un réel environnement, et l'attitude passive ne faitque favoriser la descente aux enfers dans un bouleversement de toute lacohésion de l'urbanisme. En se noyant parfois dans un verre d'eau, l'équipageen place a montré ses limites dans la perception de l'équation citoyenne surune certaine douceur de vivre dans une ville équilibrée. A vouloir rechercheret disséquer la flamme innovatrice, la boîte de Pandore nous déçoit par lejaillissement de dysfonctionnements complexes, de compromissions scandaleuses,portant un grave préjudice au crédit des institutions de l'Etat. Aussi, au lieud'instrumentaliser les compétences à l'unisson pour la splendeur de la cité,l'on se confine, dans l'étroitesse qui n'attire que le négativisme et lapublicité de mauvais aloi pour la ville du 8-Mai 1945 qui mérite dans toutesses facettes une touche urbanistique et écologique à hauteur de sa vocation etde son héritage socioculturel. Les perspectives d'urbanisationenglobant le réseau vert à instaurer dans nos moeurs avec l'appui du nouveloutil juridique, dessinent clairement un défi que toute la composante de lacommunauté doit relever. Ce n'est point une sinécure car il y a lieu de faireconverger les synergies sur la plate-forme de la solidarité, réceptacle desréflexions, des ingéniosités et des moyens appropriés pour la mise en oeuvreféconde. La raison et le coeur peuventservir de dénominateurs alliés pour inverser la tendance et atteindre lesjardins d'Eden. Rêver vert n'est pas en soi une folie des grandeurs mais unesimple aspiration à caractère citoyen.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Menani Mohamed
Source : www.lequotidien-oran.com