Ces derniers temps, la violence dans et autour des établissements scolaires occupe le devant de la scène. Même si pour certains, elle prend de l'ampleur, pour d'autres, il ne s'agit pas d'un phénomène récent.Ces comportements agressifs s'observent entre élèves. Mais ils se manifestent aussi par des faits opposant les jeunes scolarisés à leurs encadreurs et, parfois, les enseignants aux élèves, et cela en dépit des efforts des uns et des autres avec l'appui de la police. Quoi qu'il en soit, il s'agit de troubles à la paix scolaire qui affectent le quotidien des établissements scolaires. Des témoins ont assisté même à des rixes... et des expéditions punitives, menées par des jeunes dans des établissements scolaires, contre des camarades, des enseignants et parfois contre l'administration.
En ce début de la rentrée scolaire, c'est l'heure du bilan. Dans la foulée, les guelmis avaient repéré plusieurs établissements touchés par ces intrusions, et qu'il faut donc mieux les sécuriser. Un climat de plus en plus pesant. Par exemple, aux alentours du lycée Mahmoud-Ben-Mahmoud, mais aussi, du lycée Chaâlal, des élèves sont régulièrement confrontés à la sortie des classes, aux incivilités des jeunes motards. Des jeunes lycéennes racontent aussi la honte et la souffrance qu'engendrent le harcèlement qu'elles subissent à la sortie et à l'entrée du lycée.
«Au début, on croisait des jeunes dont le comportement pouvait ressembler à des blagues, ce n'était donc qu'un jeu. Mais le jeu deviendra très vite un enfer, puisque nous subissons au quotidien ces humiliations qui se terminent parfois par la violence», témoigne une jeune lycéenne du lycée 1er Novembre du centre-ville de Guelma.
Elle déplore également les moqueries déchaînées par des détails physiques. Mais aussi les remarques offensantes sur la tenue vestimentaire et l'allure physique des autres dans les rues avoisinantes du lycée. Certains abords de l'école à Guelma, sont donc le théâtre de pressions psychologiques. C'est là que les petites bandes se forment, et que les dealers tentent d'écouler les stupéfiants, que les agressions s'exercent... Les riverains s'interrogent également sur les comportements de certains élèves «pourquoi ces jeunes à priori calmes à l'école deviennent agités dès qu'ils en sortent». «Au rythme où vont les choses, ces espaces risquent d'être abandonnés à la logique de ces bandes de jeunes délinquants» avait alors lancé un parent d'élève.
Et d'enchaîner «il s'agit d'un phénomène dirigé contre l'école et la loi, qu'on doit enrayer. Et donc une vraie prise de conscience et un début de solution, s'imposent». Il est donc temps d'imaginer un dispositif efficace pour protéger les établissements scolaires en proie à la délinquance. Les écoles primaires, les CEM, et les lycées, aucun palier de l'enseignement scolaire, n'est épargné. Ce phénomène social qui frappe de plein fouet l'environnement scolaire était malheureusement considéré comme un problème d'intrusion extérieur plutôt qu'un mal au cœur des établissements. Il était lié à des actes isolés, plutôt considérés spectaculaires, comme par exemple un collégien qui guette son camarade à la sortie du CEM pour l'agresser à l'arme blanche.
Ces faits étaient du ressort de la police judiciaire. Mais l'évolution a montré que ces actes ne représentent qu'un faible pourcentage de la violence à l'école.
«Des insultes à la violence d'appropriation en passant par les mises à l'écart, les agressions et les bagarres » témoigne une psy qui exerce dans une unité de dépistage et de suivi ( UDS ) du centre-ville de Guelma, précisant que ces comportements se répètent sur un groupe d'élèves assez restreint. Pour cette psychologue-clinicienne, ce phénomène n'évolue pas en nombre mais dans le type des cas recensés.
«Avec l'Internet, le malaise va plus vite, puisque les agressions passent aujourd'hui par des SMS, des e-mails... Mais le fait marquant, c'est que même les filles ne sont plus les victimes, elles en sont davantage des actrices», souligne-t-elle.
«On s'est tellement focalisé sur la violence venue de l'extérieur qu'on a mis du temps à comprendre qu'aujourd'hui la violence venait aussi des pairs», regrette notre psy.
Décidément, il faut galoper pour rattraper le retard et «l'action dépend des volontés publiques, et il ne faut pas qu'elle s'arrête, estiment les spécialistes». Selon ces derniers «la société doit comprendre une fois pour toute qu'un élève qui perd son bien-être ne peut pas apprendre, on a qu'à énumérer les conséquences du phénomène de la violence à l'école : les troubles du comportement, l'échec scolaire, mais aussi l'effet sur la sécurité publique, ce qui interpelle vivement les pouvoirs publics».
Un plan de bataille doit donc s'inscrire en droite ligne des préoccupations exprimées par les plus consciencieux de la société guelmie, pour sécuriser l'espace scolaire. Mais qui doit réunir les différents partenaires concernés autour de la table.
Pour une sociologue exerçant dans le secteur de l'éducation «le meilleur moyen de lutter en profondeur contre la violence qui mine la vie scolaire, c'est de trouver la meilleure coordination qui parte de l'établissement jusqu'à la maison en passant par le quartier qui constitue généralement le lieu où se replient certains jeunes scolarisés, tentés par l'initiation à des comportements délinquants”?».
«Des opérations ponctuelles et de subites missions doivent se multiplier autour des principaux établissements scolaires et sur les axes routiers empruntés par les jeunes motards et les présumés dealers», nous déclare un septuagénaire qui habite en face du lycée Ben Mahmoud, le plus ancien lycée de Guelma.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noureddine Guergour
Source : www.lesoirdalgerie.com