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Générale de la pièce Leilat Dam du TRC



Générale de la pièce Leilat Dam du TRC
Standing ovation d'un théâtre plein à craquer dans la soirée de dimanche dernier pour la première représentation du dernier-né du TRC, la pièce Leilat Dam de Karim Boudechiche qui récidive, au grand plaisir des amateurs des tréteaux, en adaptant un texte tranchant du romancier Lahbib Sayeh.Leilat Dam ou Nuit de sang rouvre un chapitre douloureux encore vivace : l'affront d'une seconde pénitence imposée aux victimes de la décennie noire, ou plutôt rouge pour mieux coller au décor planté, déjà , à travers l'intitulé de la pièce. Hardiesse saisissante d'une tonalité sans ambages rompant avec les parodies lyriques dédiées à la réconciliation et auxquelles les planches de l'allégeance s'y sont prêtées sans retenue.Tendance qui n'avait épargné aucun espace avant ce coup de tonnerre insufflé comme par miracle par un TRC qui, faute de mieux, donna le meilleur. Dans un climat improbable au titillement de réflexes indociles d'un avant-gardisme révolu, dit-on, Karim Boudechiche ose le bond inespéré pour dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Artistique, la désapprobation railleuse du politique n'est que bénigne quand l'impunité absout le crime de sang. Et il n'est mieux pour acclamer une mise en scène univoque qu'un auteur admiratif de l'essor de son propre texte, à l'originalité crue.Ravi, Lahbib Sayeh qui s'est inspiré de faits réels retentissants pour conter, de sa verve, le sort tragique de ce Patriote et non moins ancien maquisard de l'ALN de la wilaya de Guelma qui répara de ses mains la souillure infligée aux siens par un présumé repenti qui endeuilla progéniture et filiations entières des années durant, s'est réjoui de la dimension offerte à son texte après cette adaptation qu'il jugera après la première représentation d'éminemment valorisante. Texte qui gagnerait davantage en portée consécutivement à la phase de rodage qu'il sied d'accorder à Karim Boudechiche qui ne doute plus de la disponibilité de son équipe de techniciens et comédiens.Scène dégagée pour un accès beat à l'arrière-plan qui se révélera un accessoire indispensable au jeu des comédiens qui allieront rèles de plateau et interactivité avec des scènes filmées en extérieur. Horizon où défilent également des scènes réelles, parfois intenables relatant les atrocités commises par les fous de Dieu durant la décennie noire. Un choix qui semble inspirer Karim Boudechiche depuis ses multiples collaborations avec le réalisateur Ali Aïssaoui.Leilat Dam est l'histoire des milliers de Aziz doublement martyrisés d'avoir tout perdu en payant de leur chair face à la barbarie intégriste puis dans leur dignité en subissant l'humiliation de partager leur vécu avec leurs propres bourreaux graciés de leurs crimes. Sous les drapeaux pour son service militaire, Aziz qui venait à peine de terminer ses études apprit que toute sa famille a été décimée par un sanguinaire connu de tous, le fils de Nouara. Eploré, il jura de ne vivre que pour venger le sang de son père, sa mère et sa petite sœur et rejoint des Patriotes qui ont choisi de défendre leur honneur grâce à son ami Samir, un agent des services secrets et la bénédiction de ses voisins aussi accablés que lui par son drame, Belkacem, un ancien moujahid demeuré fidèle aux idéaux des martyrs de la guerre de Libération et Azzouz un fils de chahid digne du sacrifice de son géniteur. Nadira, l'amie de classe de Aziz et non moins sa promise, humait dès son jeune âge cet air de liberté et d'insouciance. Leur complicité se renforça davantage lorsqu'à son tour, le père de Nadira, imam de son état, est assassiné par le même fils de Nouara. Les années passent mais n'altèrent en rien le serment de Aziz.Nouara sait pour son fils, ses méfaits et ses crimes impardonnables quand bien même l'indulgence du palais qui venait de l'absoudre de tous ses crimes était plutôt contraignante pour ses victimes. Elle qui voulait que son fils parte pour ne pas affronter le regard des proches de ses suppliciés, consolide sa demeure et en fit une citadelle pour mieux le protéger.Aziz ne se résigne pas et prit d'assaut la forteresse qui ne sera d'aucun secours au bourreau. Dès lors, il est pris en chasse par l'officier Ali, déchiré qu'il était entre l'accomplissement de sa mission et la compassion envers Aziz qu'il partage discrètement avec Belkacem, Azzouz et Nadira.Devenu fugitif, Aziz n'est pas assouvi et n'admet pas que le fils de Nouara soit enterré dans le même cimetière que ses victimes. Il déterra le corps, le mutila et l'offrit aux hyènes. Rattrapé par son ami Samir et l'officier Ali, les deux finissent par oublier leur guéguerre des services et s'entendent de le laisser poursuivre sa cavale avant l'arrivée d'agents irréductibles de l'autorité suprême. Scenarii de thriller qui s'est aussi accommodé parfaitement du personnage de Djilali, incarnant celui-ci, la lâcheté et la trahison qui ont suscité les réquisitoires d'à-propos marqués souvent par des envolées hautement sensibles et chaudement applaudies par le public.Kamel GhimouzeDistribution artistique :Mohamed Deloum (Aziz), Abdallah Hamlaoui (Belkacem), Labiyedh Ramzi (l'officier Ali), Kamel Ferrad (Samir), Djamel Mezouri (Azzouz), Nadjla Tarli (Nadira), Atika Belazma (Nouara) Hacène Boulakhrouf (Djilali), Oussama Boudechiche (Aziz, jeune appelé).
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