Guelma - A la une

Emouvante marche à Guelma



Alors qu'en France, l'on célébrait l'armistice et la victoire des alliés sur la soldatesque allemande, en Algérie,des milliers de citoyens seront mitraillés, brûlés et ensevelis dans des fosses communes.Le temps marqué par un ciel nuageux et des pluies éparses a contribué à la tristesse ressentie aujourd'hui par la population qui commémore chaque année les massacres perpétrés par le colonialisme français sur un peuple épris de justice et de paix qui tenait, en cette journée du 8 Mai 1945, à défiler pacifiquement pour réclamer son indépendance. Alors qu'en France, l'on célébrait l'armistice et la victoire des alliés sur la soldatesque allemande qui capitula, en Algérie, des milliers de citoyens seront mitraillés, brûlés, assassinés et ensevelis dans des fosses communes. Guelma se souvient toujours de ce génocide puisque chaque famille avait payé un lourd tribut durant ces événements tragiques.
Ce mardi 8 mai 2018, un grand rassemblement a réuni des centaines de personnes devant la stèle érigée en hommage aux martyrs, au lieudit El-Karmet, sur les hauteurs de la ville. C'était de cet endroit que s'était ébranlée, voilà 73 ans, une marche pacifique à laquelle avaient pris part des campagnards de la région et également des citadins qui, à l'unisson, revendiquaient le droit à l'indépendance, encadrés par des responsables nationalistes qui prêchaient la non-violence. À 16h, le cortège conduit par Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, accompagné des autorités civiles et militaires de la wilaya de Guelma, s'ébranle dans un silence poignant pour emprunter l'itinéraire des disparus. Il descend la rue commerçante d'Announa, où des citoyens de toutes les conditions sociales le rejoignent, et il débouche, enfin, au centre-ville, rue Abdelhakim SNP, devant la plaque commémorative apposée sur la façade de l'ancienne banque de l'époque. Dans un silence empreint de communion et de dignité, la sirène mugit pour rappeler, aux participants de cette marche, les massacres commis par les policiers, gendarmes, soldats, miliciens et colons encadrés par le sous-préfet Achiary, le commissaire Tocquart et consorts. Une minute de silence est observée par l'assistance en hommage aux martyrs. La Fatiha est récitée par un imam qui prononça un sermon retraçant le sacrifice suprême consenti par des milliers d'Algériens afin que notre pays retrouve son indépendance à la faveur de la lutte de Libération nationale déclenchée le 1er Novembre 1954.
En marge de cette manifestation, il nous a été loisible de constater la présence de Guelmis installés à Alger, Blida, Annaba et même à l'étranger, qui ont accompli un pèlerinage dans leur ville natale pour prendre part à cette pathétique cérémonie du souvenir. De nombreuses formations politiques à l'instar du FLN, du RND, de TAJ, du MPA et du Hamas ont assisté à ces festivités. En outre, le FFS était présent, comme l'a confié à Liberté Abdelhak Alloui, coordonnateur de la wilaya de Guelma : "Nos responsables politiques accordent un respect profond aux événements du 8 Mai 1945. Comme chaque année, c'est une délégation d'une quarantaine de militants et cadres du FFS, conduite par notre député Amar Slimane d'Annaba, et issus des wilayas de Constantine, d'Oum El-Bouaghi, d'Annaba et de Guelma, qui séjourne chez nous pendant trois jours." De toute évidence, chaque Algérien, quelle que soit sa couleur politique, adhère pleinement à ces cérémonies du souvenir qui ont un caractère sacré.
Hamid Baali
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