Au moment où beaucoup acceptaient avec fatalité la prétendue ''invincibilité'' du colonialisme, des jeunes assoiffés de liberté et pétris de courage et de patriotisme ont manifesté massivement le 8 Mai 1945 à Guelma.Au moment où beaucoup acceptaient avec fatalité la prétendue ''invincibilité'' du colonialisme, des jeunes assoiffés de liberté et pétris de courage et de patriotisme ont manifesté massivement le 8 Mai 1945 à Guelma.
Les jeunes manifestants ont bravé vaillamment la machine de mort françaisequi ne distinguait point entre enfants,femmes et vieillards, assurent des témoinsde cet épisode charnière de l'histoirecontemporaine nationale.Bien que 74 ans se soient écoulés depuisces évènements ensanglantés, les témoignagesde proches d'acteurs décédés ou ceux de personnes encore en vie relèvent l'implication des jeunes qui se trouvaientdurant ces manifestations aux premiers rangs et furent les premières cibles des
exécutions, des arrestations et des tortures.Agé de 93 ans, Ahmed El-Hadi Tirouche aété un de ces manifestants à Oued-Zenati(40 km à l'ouest de Guelma).Il avait alors 19 ans et assure que plus de"10.000 Algériens ont déferlé ce jour-làdes diverses localités occidentales de lawilaya dont Tamlouka, Ain Makhlouf etAïn-Reggada vers la paisible localité deOued-Zenati, ajoutant que le mardi 8 mai 1945, la marche massive, pacifique et très organisée a eu lieu dans l'après-midi et ledrapeau national y a été fièrement brandi".Tous scandaient "des chants patriotiques derrière cheikh Mouloud Mehri, jeune imam de 35 ans officiant à l'unique mosquée de la cité, et par son ami Abderrahmane Belagoun", a confié cemoudjahid affirmant qu'il a été lui-même arrêté avec le nationaliste, moudjahid etpoliticien Abdelhamid Mehri, qui avait alors 19 ans, tandis que les jeunes Abdelkader Touil et Mohamed Meghzifurent tués.
Dans leurs témoignages transcrits en 1985, les cheikhs Mouloud Mehri et Abderrahmane Belagoun rapportent que ce fut eux qui avaient prononcé deux discoursdevant la foule des manifestants et s'étaient engagés devant le sous-préfet de Oued Zenati à garantir le caractère pacifique de la manifestation. "A la fin de la marche, les français sont revenus sur leurs engagements en procédant à des centaines d'arrestations de villageoissur le chemin du retour dans leurs localités", ont assuré les deux témoins. Milices françaises "chassent"les jeunes encadreurs des marches Dans la ville de Guelma, le spectacle futplus tragique, où les gendarmes et lesmiliciens français tuaient et interpelaient les jeunes qui furent le moteur des manifestations pourtant pacifiques qui avaient débuté extramuros à El-Karamat avec la participation de plus de 2.000 Algériens.Alarmés par cette marée humaine "pacifique", les Français répondirent sauvagement et le premier martyr fut AbdallahBoumaaza, alias Hamed, âgé à peine de 15 ans.
Selon le témoignage de hadja Atra Abda, âgée aujourd'hui de 97 ans, les françaisavaient au cours de ces massacres exécuté ses deux frères Ali et Ismaïl âgés respectivement 17 et 20 ans.Ismaïl qui fréquentait l'école de l'association des oulémas algériens à Constantine arborait ce jour-là le drapeau national que cette nonagénaire affirmeavoir elle-même cousu en utilisant les robes de son trousseau de mariage qu'elle avait célébré deux années auparavant (1943). L'exécution de ces deux frères est d'ailleurs attestée par un document desarchives français conservée par l'association "8-Mai-1945".Il s'agit d'une correspondance officielleadressée par le commandant de la brigade mobile de Guelma, appelé Buisson, au directeur de la sûreté générale à Alger endate du 23 mai 1945 dans laquelle il estaffirmé que l'opération d'exécution de participantsà la marche a été effectuée parballes et qu'il s'agit, entre autres, desnommés Belazoug Saïd, les deux frères Aliet Ismaïl Abda, Bensouileh Abdelkarim, Douaouria Mohamed, Chorfi Messaoud,Oumerzoug Mohand Ameziane, OuartsiAmar et Ouartsi Mabrouk.
Tous étaientâgés entre 17 et 28 ans, excepté OuartsiMabrouk qui avait 40 ans. Témoin des atrocités coloniales, le moudjahid SassiBenhmala qui fut président de l'associationdu 8 mai 1945 à Guelma avait déclaré àl'APS en 2013 peu avant sa mort que lechef de la milice européenne, l'instituteurHenri Garrivet a été le premier à répondre à la demande du sous-préfet André Achiary d'établir la liste des candidats pour les exécutions sommaires en lui demandant : "Permettez-moi de commencer par la liste de mes anciens élèves".En effet, ajoute le moudjahid Benhamla, Henri Garrivet avait mentionné ses élèves de la classe de l'année 1935 qui furent arrêtés puis exécutés le 11 mai 1945 à l'intérieur de l'ancienne caserne du centreville de Guelma, ainsi que 9 militants nationalistes avant que leurs corps ne soient incinérés dans le four de gypse du colon Marcel Lavie à Héliopolis. Certainsmanifestants blessés ont été même incinérésvivants, a affirmé le moudjahid Benhamla.18.000 chouhada et 11 stèles"pour que nul n'oublie"Des militants de l'association 8-Mai-1945 à
Guelma, créée en 1995, ont rapportébeaucoup d'autres atrocités commisespar des milices de colons français et européens, dont l'exécution etl'incinération de Zahra Regui après avoir mutilé son corps et assassiné égalementses deux frères Mohamed et Hafidh, ainsique la crucifixion de Moumni par des grosclous sur le mur du bureau de la gendarmerie de Guelma jusqu'à la mort. Les chiffres de l'association 8-Mai 1945estiment à plus de 18.000 le nombre despersonnes tuées durant ces massacres àGuelma et dans les communes voisines.11 stèles ont été érigées sur des sites deces atrocités dans les communes de Belkheir, Boumahra, Héliopolis, Oued-Cheham et Khezara pour que les générationsfutures se souviennent de ce queleurs aïeuls ont enduré pour que le pays recouvre son indépendance
Les jeunes manifestants ont bravé vaillamment la machine de mort françaisequi ne distinguait point entre enfants,femmes et vieillards, assurent des témoinsde cet épisode charnière de l'histoirecontemporaine nationale.Bien que 74 ans se soient écoulés depuisces évènements ensanglantés, les témoignagesde proches d'acteurs décédés ou ceux de personnes encore en vie relèvent l'implication des jeunes qui se trouvaientdurant ces manifestations aux premiers rangs et furent les premières cibles des
exécutions, des arrestations et des tortures.Agé de 93 ans, Ahmed El-Hadi Tirouche aété un de ces manifestants à Oued-Zenati(40 km à l'ouest de Guelma).Il avait alors 19 ans et assure que plus de"10.000 Algériens ont déferlé ce jour-làdes diverses localités occidentales de lawilaya dont Tamlouka, Ain Makhlouf etAïn-Reggada vers la paisible localité deOued-Zenati, ajoutant que le mardi 8 mai 1945, la marche massive, pacifique et très organisée a eu lieu dans l'après-midi et ledrapeau national y a été fièrement brandi".Tous scandaient "des chants patriotiques derrière cheikh Mouloud Mehri, jeune imam de 35 ans officiant à l'unique mosquée de la cité, et par son ami Abderrahmane Belagoun", a confié cemoudjahid affirmant qu'il a été lui-même arrêté avec le nationaliste, moudjahid etpoliticien Abdelhamid Mehri, qui avait alors 19 ans, tandis que les jeunes Abdelkader Touil et Mohamed Meghzifurent tués.
Dans leurs témoignages transcrits en 1985, les cheikhs Mouloud Mehri et Abderrahmane Belagoun rapportent que ce fut eux qui avaient prononcé deux discoursdevant la foule des manifestants et s'étaient engagés devant le sous-préfet de Oued Zenati à garantir le caractère pacifique de la manifestation. "A la fin de la marche, les français sont revenus sur leurs engagements en procédant à des centaines d'arrestations de villageoissur le chemin du retour dans leurs localités", ont assuré les deux témoins. Milices françaises "chassent"les jeunes encadreurs des marches Dans la ville de Guelma, le spectacle futplus tragique, où les gendarmes et lesmiliciens français tuaient et interpelaient les jeunes qui furent le moteur des manifestations pourtant pacifiques qui avaient débuté extramuros à El-Karamat avec la participation de plus de 2.000 Algériens.Alarmés par cette marée humaine "pacifique", les Français répondirent sauvagement et le premier martyr fut AbdallahBoumaaza, alias Hamed, âgé à peine de 15 ans.
Selon le témoignage de hadja Atra Abda, âgée aujourd'hui de 97 ans, les françaisavaient au cours de ces massacres exécuté ses deux frères Ali et Ismaïl âgés respectivement 17 et 20 ans.Ismaïl qui fréquentait l'école de l'association des oulémas algériens à Constantine arborait ce jour-là le drapeau national que cette nonagénaire affirmeavoir elle-même cousu en utilisant les robes de son trousseau de mariage qu'elle avait célébré deux années auparavant (1943). L'exécution de ces deux frères est d'ailleurs attestée par un document desarchives français conservée par l'association "8-Mai-1945".Il s'agit d'une correspondance officielleadressée par le commandant de la brigade mobile de Guelma, appelé Buisson, au directeur de la sûreté générale à Alger endate du 23 mai 1945 dans laquelle il estaffirmé que l'opération d'exécution de participantsà la marche a été effectuée parballes et qu'il s'agit, entre autres, desnommés Belazoug Saïd, les deux frères Aliet Ismaïl Abda, Bensouileh Abdelkarim, Douaouria Mohamed, Chorfi Messaoud,Oumerzoug Mohand Ameziane, OuartsiAmar et Ouartsi Mabrouk.
Tous étaientâgés entre 17 et 28 ans, excepté OuartsiMabrouk qui avait 40 ans. Témoin des atrocités coloniales, le moudjahid SassiBenhmala qui fut président de l'associationdu 8 mai 1945 à Guelma avait déclaré àl'APS en 2013 peu avant sa mort que lechef de la milice européenne, l'instituteurHenri Garrivet a été le premier à répondre à la demande du sous-préfet André Achiary d'établir la liste des candidats pour les exécutions sommaires en lui demandant : "Permettez-moi de commencer par la liste de mes anciens élèves".En effet, ajoute le moudjahid Benhamla, Henri Garrivet avait mentionné ses élèves de la classe de l'année 1935 qui furent arrêtés puis exécutés le 11 mai 1945 à l'intérieur de l'ancienne caserne du centreville de Guelma, ainsi que 9 militants nationalistes avant que leurs corps ne soient incinérés dans le four de gypse du colon Marcel Lavie à Héliopolis. Certainsmanifestants blessés ont été même incinérésvivants, a affirmé le moudjahid Benhamla.18.000 chouhada et 11 stèles"pour que nul n'oublie"Des militants de l'association 8-Mai-1945 à
Guelma, créée en 1995, ont rapportébeaucoup d'autres atrocités commisespar des milices de colons français et européens, dont l'exécution etl'incinération de Zahra Regui après avoir mutilé son corps et assassiné égalementses deux frères Mohamed et Hafidh, ainsique la crucifixion de Moumni par des grosclous sur le mur du bureau de la gendarmerie de Guelma jusqu'à la mort. Les chiffres de l'association 8-Mai 1945estiment à plus de 18.000 le nombre despersonnes tuées durant ces massacres àGuelma et dans les communes voisines.11 stèles ont été érigées sur des sites deces atrocités dans les communes de Belkheir, Boumahra, Héliopolis, Oued-Cheham et Khezara pour que les générationsfutures se souviennent de ce queleurs aïeuls ont enduré pour que le pays recouvre son indépendance
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ll Ee Mm Ii Dd Ii Ll Ii Bb Rr Ee
Source : www.lemidi-dz.com