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Commémoration du 17 octobre 1961 à Paris



La commémoration de la journée du 17 octobre 1961 a été célébrée cette année à Paris dans un climat de reconnaissance et de rappel des évènements tragiques qui ont marqué l'histoire de la Guerre d'Algérie.Ce jour-là, rappelons-le, et sur ordre du FLN, Algériens et Algériennes de Paris et sa banlieue, hommes, femmes et enfants, avaient décidé de braver le couvre-feu qui leur a été appliqué. Cette manifestation pacifique a été tragique pour la communauté algérienne dans la mesure où elle a été réprimée dans le sang en plein coeur des négociations entre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et le gouvernement français qui se déroulaient en Suisse. Des milliers d'Algériens ont été tués et blessés, et dont un nombre important a été jeté à la Seine par la police française. Aujourd'hui, cette page d'histoire a laissé place à un rapprochement entre l'oppresseur et l'oppressé. Le premier pas historique a été fait par le président François Hollande qui a reconnu en 2012 les «souffrances de la colonisation», avec notamment les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, ainsi que l'usage de la torture.
«Le second pas a été fait par Emmanuel Macron concernant la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat dans la mort de Maurice Audin, militant de la décolonisation assassiné par l'armée française», a souligné le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, présent à cette cérémonie, avant de plaider d'aller «au bout de la démarche». Pour cet élu du Parti socialiste, la répression des Algériens en cette date a donné lieu à des dizaines et des dizaines de victimes, dont «la mort a été occultée pendant des années par des pouvoirs politiques successifs refusant de reconnaître les crimes commis au nom de la République et souillant celle-ci par là-même».
Ainsi, propose-t-il que cette date du 17 octobre 1961 «doit désormais être dans toutes les mémoires, dans les manuels, dans les discours des officiels», soulignant dans une tribune publiée par l'hebdomadaire Politis que c'est en effet «dans une démarche collective de reconnaissance des faits historiques et de la responsabilité de la République que nous devons toutes et tous nous engager». De son côté, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a mis en avant le fait que la vérité historique permet de remonter les tragédies, et que l'histoire et la mémoire «nous aident aussi à grandir et à regarder l'avenir». Dans une déclaration à la presse, elle a précisé que «l'Algérie est un pays frère avec lequel nous avons une part d'histoire, une part tragique, et la vérité historique permet de remonter tout cela.»
Ceci dit, cette reconnaissance a été également marquée par le projet d'une stèle qui sera érigée à la mémoire des victimes de ce tragique événement. A ce propos, la maire de Paris a déclaré : «C'est vrai dès son arrivée à Paris, il (l'ambassadeur d'Algérie Abdelkader Mesdoua. NDLR) m'a tout de suite posé la question de donner à ce lieu encore plus de solennité. Nous avons travaillé ensemble sur l'idée d'une stèle qui reprendra ce qui est écrit sur la plaque existante, mais qui nous permettra d'avoir ce moment de recueillement, de mémoire, très important pour nous», attestant que les mentalités, en France, «ont beaucoup évolué» sur la question mémorielle.
S'exprimant à cette occasion, l'ambassadeur d'Algérie a indiqué en présence de la maire de Paris, que ce recueillement est «pour nous un moment pour avancer ensemble et pour se rappeler ce qu'a été le sacrifice de la communauté algérienne pour l'indépendance de leur pays». «La présence aujourd'hui de tant de responsables (français), dont celle de madame la maire, demande s'il en était besoin, de cette solidité dans ces liens, dans leur raffermissement», a-t-il dit, avant d'ajouter qu'il y aura, à cette occasion, une trentaine de rassemblements pour la commémoration de ces évènements tragiques que l'ambassade et les postes consulaires en France vont accompagner.
«Ce sera un moment de recueillement un peu partout en Ile-de-France. C'est une part de reconnaissance de qui a été fait et je crois que nous ne pouvons avancer qu'en reconnaissant ce qui a été fait, cette part commune dans l'histoire de nos deux pays», a-t-il conclu.
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