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C'EST MA VIE Après la réussite, l'échec



C'EST MA VIE Après la réussite, l'échec
Le parcours scolaire de Hocine Smaâli, un jeune handicapé, n'a pas été un long fleuve tranquille. Il est né dépourvu de ses quatre membres. Ce qui ne l'a pas empêché de décrocher son baccalauréat avec mention excellence lors de la session de juin 2012.
«J'ai eu mon bac avec mention excellence. Ce n'est pas pour me faire mousser, mais j'en suis tellement fier, j'en ai tant bavé que je crois que je peux me le permettre», confie ce jeune homme de 20 ans. De nos jours, rien n'empêche un handicapé d'intégrer l'université, pourtant, pour Hocine, cela devient un grand problème. Ce jeune homme plein de courage et de volonté veut faire partager son expérience, mais il s'élève contre la vision purement misérabiliste du handicap, pour ne pas passer sous silence les grandes difficultés rencontrées dans la vie de tous les jours. A 20 ans, le jeune Smaâli Hocine est toujours révolté par le regard négatif de la société sur le handicap. «Mais je remercie vivement mes amis, ma famille, mes voisins, pour toutes les souffrances qu'ils ont dû endurer, pour le courage dont ils ont fait preuve durant de longues années pour m'aider à surmonter mon lourd handicap.» La présence et la volonté de son entourage s'avèrent primordiales pour que Hocine suive normalement les cycles d'enseignement, primaire, moyen et secondaire, comme tous les enfants de son âge, dans son village natal, Bordj Sabath (daïra de Oued Zénati), situé à une cinquantaine de kilomètres de Guelma. Hocine Smaâli, symbole de courage et détermination, faisait partie des lauréats du bac 2012 de la wilaya de Guelma qui ont eu droit à une cérémonie officielle de remise de prix, organisée au siège de la wilaya par les services de la Direction de l'éducation. Les Guelmis, qui l'avaient donc découvert à cette occasion, ont été stupéfiés par la volonté farouche de ce jeune bachelier hors pair, qui, en dépit de son handicap majeur, a réussi avec brio à franchir l'épreuve du baccalauréat 2012. Issu d'une famille modeste, Hocine se félicite du profond esprit d'unité et de solidarité qui anime les membres de sa famille, ses amis ainsi que les habitants de la localité rurale dans laquelle il vit depuis sa naissance. «Ce cadre m'a permis, dans un esprit d'entraide, de me déplacer quotidiennement dans mon fauteuil roulant et de suivre régulièrement mes cours à l'école.»
Aujourd'hui le jeune Smaali vit chez ses parents à Bordj Sabath, son rêve de toujours est de pouvoir poursuivre ses études universitaires, mais il n'a aucun doute sur sa capacité à se mobiliser pour concrétiser cela, et n'a plus à prouver qu'il a de la ressource.
Il faut le voir pour y croire, Hocine ne s'exprime donc que par sa bouche, puisqu'il manipule le stylo avec ses lèvres, en impressionnant vivement ses proches et son entourage. «J'ai appris à écrire avec la bouche dès mon jeune âge. Je faisais des dessins sur le sable», déclare-t-il, et d'ajouter : «Si j'ai développé cette technique, c'est parce que je suis dépourvu de membres, donc j'étais obligé de tout exécuter avec la bouche, outre l'écriture, j'accomplis aussi d'autres tâches courantes.» Et là encore, on se demande comment il parvient à le faire. Dès le premier rendez-vous à l'Université du 8-Mai 1945, Hocine, accompagné de ses parents, se rend compte que rien n'est vraiment prévu pour son cas. «Je n'ai pris conscience de mon handicap qu'à ce moment-là, je me suis vraiment retrouvé pour la première fois en situation de handicapé moteur. Je ne pouvais pas compenser tout seul, cela a énormément inquiété mes parents, j'ai surmonté bon nombre d'obstacles et d'expériences de rejet, mais maintenant je me sens complètement dépassé», révèle-t-il. Aujourd'hui, le jeune Smaâli croit vraiment atteindre ses limites, et cela en dépit des efforts consentis par les responsables de l'Université de Guelma et certains groupes d'amis. Effectivement, à l'université, Hocine ne bénéficiera plus d'une assistance et d'une aide intime. «En fait, cela m'a plutôt desservi. J'habite à une cinquantaine de kilomètres de l'université, je dois donc passer la nuit à Guelma pour suivre régulièrement mes cours à l'amphi, ce qui m'est impossible», explique Hocine. Ce dernier a réclamé aux œuvres universitaires du 8-Mai-45 un hébergement adéquat qui réponde à ses besoins spécifiques et qui permettra donc à ses parents de l'accompagner dans ses tâches quotidiennes, afin de respecter son intimité et son rythme de vie. Ce vœu n'a, en effet, pas été exaucé et notre jeune bachelier se voit donc contraint de quitter momentanément les rangs de l'Université de Guelma. Aujourd'hui, le jeune Smaâli vit chez ses parents à Bordj Sabath, son rêve de toujours est de pouvoir poursuivre ses études universitaires, mais il n'a aucun doute sur sa capacité à se mobiliser pour concrétiser cela, et n'a plus à prouver qu'il a de la ressource. L'appel est donc lancé pour mettre en place des mesures spécifiques afin d'améliorer l'accueil, l'accessibilité et l'accompagnement pédagogique aux études, à la vie étudiante et à l'insertion dans la vie active des personnes handicapées. C'est pour permettre donc à Hocine Smaâli de rejoindre l'université le plus vite possible, un rêve qui lui tient à cœur.
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