Tout en faisant de la réconciliation nationale et de l'amnistie générale les grands repères pour son prochain programme quinquennal, Bouteflika affirme qu'il peut aussi recourir à l'éradication de ceux qui refusent de déposer les armes.
« Je suis avec la réconciliation nationale et ce, quel que soit le prix que ça coûte», a déclaré le candidat hier, dans une rencontre avec ses soutiens, à la maison de la Culture Chafïi Abdelmadjid de Guelma. « Celui qui dépose les armes, il sera le bienvenu parmi nous, mais celui qui refusera de le faire, nous l'éradiquerons !», a-t-il fait savoir, manière de rappeler qu'il continuera la lutte antiterroriste par les armes. Il estime que «les civilisations ne se construisent pas avec le sang. Ca suffit pour nous le sang !». Le président-candidat n'avait pas véritablement de message particulier à adresser aux habitants de la région. Excepté, peut-être, de leur souligner qu'il y retrouve un important repère : Houari Boumediene. Natif de Aïn Hassania, une contrée située à 25 km de Guelma, Boumediene est l'homme symbole de la région. Houari « Lezregh» comme l'appellent les Guelmis a sa stèle en haut du Bd Saïd Boumaâza que Bouteflika a traversé hier, en venant de la rue du 1e Novembre où se dresse le buste du martyr Souidani Boudjemaâ. «Je ne voulais pas prendre la parole, ça me suffit de vous voir (...) Guelma a été toujours avant-gardiste», a commencé Bouteflika par dire pour évoquer les événements du 8 Mai 1945, Salah Bounider mais aussi et surtout Houari Boumediene. «En marchant dans les rues de la ville, je me suis rappelé des souvenirs (H. Boumediene) lorsque je venais avec lui à Guelma, j'en suis très touché. J'aurais aimé que mon frère, mon ami soit avec moi», a-t-il confié. « Il a travaillé pour le pays, je ne sais pas si on a réussi ou pas, mais les gens étaient heureux. Mais c'était une autre conjoncture. Aujourd'hui, les temps ont changé, on a eu le terrorisme. Je ne sais si Boumediene aurait été content de ce que nous sommes en train de faire, mais je suis sûr que je suis son parcours», a-t-il expliqué.
En évoquant son choix pour le pays de l'économie de marché, Bouteflika a affirmé que «nous avons essayé d'être aux côtés des opprimés et des défavorisés, mais le monde est devenu dur, ceci ne nous a pas empêché de décider que l'Algérie demeure fidèle aux principes de Novembre ».
Il demande aux Guelmis s'ils ont suivi sa visite à Béjaïa et à Tizi Ouzou, pour leur dire «nous sommes partis dans ces régions et je peux dire qu'il n'existe de division que dans les esprits malveillants d'Algériens et de l'étranger. La population kabyle aime la patrie ».
Selon lui, Guelma s'est développée «mais elle a encore besoin, à l'avenir, de plus de développement». Il prendra son temps pour écouter les doléances de l'assistance qui demandera, en premier, une ligne de chemin de fer Constantine Guelma. «Cela se fera Inchallah», leur promet-il. Un centre hospitalier universitaire ? «Le plus proche pour vous c'est où ?», demande-t-il. A Annaba, lui répond la salle. «On étudiera la question. Est-ce que vous avez des médecins spécialistes ? Si vous avez l'encadrement, nous vous construirons un hôpital», leur a-t-il dit. A ceux qui réclament de l'argent pour les communes, il leur lance «je ne rentre pas dans vos affaires internes, ça sera un budget global que vous partagerez». Il les interroge «est-ce que votre wali est bon (...) ?» Oui, répondent-ils.
Avant de conclure son intervention, le président-candidat appelle à une forte participation à l'élection du 9 avril prochain. «La participation doit être comme il se doit, vous avez des candidats, choisissez leurs programmes mais votez», leur demande-t-il. La salle chauffe de plus belle pour scander «Bouteflika président !» Il leur renvoie la balle «je ne veux pas plus de vous que de participer à l'élection. Ce n'est pas pour l'intérieur mais pour l'extérieur, parce qu'il est exigé parfois de nous de durcir le regard !». Plus tard, Bouteflika prendra un bain de foule à Souk Ahras où une foule nombreuse l'attendait depuis de très longues heures.
Aujourd'hui, Bouteflika ira à Chlef et à Aïn Defla.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Notre Envoyée Spéciale à Guelma & à Souk Ahras : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com