Ghardaia - A la une

Une prise en charge pour Inès Maladies rares



Depuis juin 2009, Inès Bouti souffre le martyr. Licenciée en marketing des entreprises, major de promo à l'université de Ouargla, Inès, à peine la vingt-sixième année entamée, ne savait pas que sa vie allait basculer du jour au lendemain lorsqu'elle avait décidé d'extraire les quatre dents de sagesse chez un chirurgien dentiste. Ce dernier, confie-t-elle, a trouvé des difficultés à extraire la dent du haut du côté droit. La racine étant recourbée, il s'est muni d'un marteau pour extraire la racine et, malheureusement, il a sectionné le nerf 5-3 qui passe par l'oreille et qui est relié au cerveau. Conséquence : Inès souffre de bruit qu'on peut entendre facilement, provenant de son oreille droite qui s'apparente à un coassement de grenouille et cela H/24. C'est une erreur médicale. Cette affection est rare. Elle est appelée Myoclonie indépendante au niveau du nerf 5-3. Le bruit l'empêche de dormir. Pour faire un petit somme, Inès doit prendre du valium ou du temgésic, un antalgique qui s'apparente à la morphine. Une plainte est déposée contre le dentiste mais aucune suite n'a été donnée, malgré une expertise établie en sa faveur. Issue d'une famille modeste, la maman d'Inès a vendu tous ses bijoux pour faire soigner sa fille en Tunisie. Le verdict tombe tel un couperet : c'est en Allemagne ou en France que cette opération doit être effectuée. Au CHU Mustapha- Pacha où elle occupe une chambre depuis le début de l'année, le professeur Djamel Djenaoui, spécialiste en ORL, n'a pas tourné autour du pot pour lui dire franchement qu'en Algérie, il n' y a ni matériel ni compétence pour ce genre d'opération très délicate et qui dure en moyenne huit heures. Comme ses collègues tunisiens, il l'oriente vers l'Allemagne ou la France. Alors un dossier est constitué pour une prise en charge pour soins à l'étranger. Le refus est catégorique par la commission médicale car il y a absence de risque vital. Mais la souffrance, depuis 2009, est palpable aussi bien pour elle que pour son entourage qui entend ce « coassement H/24 ». L'autre souffrance d'Inès est le traitement inhumain qui lui est infligé au niveau du service ORL du CHU Mustapha. Puisque son cas est unique en son genre et que personne ne peut alléger sa souffrance, le personnel, tous grades confondus, ne compatit pas à sa douleur. Tout le monde veut la voir quitter la chambre. Mais avec sa foi inébranlable, Inès espère s'en sortir un jour. Ne dit-on pas que tard sera la nuit, le jour finit toujours par se lever. Alors, Inès, Patience ! Pour le secrétaire national de l'ordre des médecins dentistes, Djamel Addoun, dans cette affaire, il y a deux volets distincts. D'une part, il faut trouver une solution à cette jeune fille qui souffre, et d'autre part il faut rassembler tous les éléments de cette affaire pour une expertise fiable. La législation est on ne peut plus claire : « Avant chaque extraction, il faut une radio (panoramique) ; est-ce que cela a été respecté ' », dit-il, avant d'ajouter qu'« ensuite, il faut prendre en charge la malade pour une série d'examens afin de situer le mal ». Par ailleurs, le secrétaire national de l'ordre des médecins dentistes incite la malade à déposer plainte auprès de l'ordre des médecins dentistes de l'est, à Ghardaia, tout en rappelant que « les médecins traitant ont, selon la loi, l'obligation des moyens et non l'obligation des résultats. »
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