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Les mères et épouses des détenus en sit-in devant le siège de la wilaya de Ghardaïa



Les mères et épouses des détenus en sit-in devant le siège de la wilaya de Ghardaïa
Une quinzaine de femmes, mères, épouses et s?urs de 11 détenus malékites, tous issus du quartier de Ben Smara devant être jugés aujourd'hui par le tribunal de Sétif, sont sorties, hier à Ghardaïa, pour crier leur colère et exiger la libération de leurs proches qu'ils affirment «être accusés à tort d'avoir attenté à la vie d'un citoyen mozabite».Après les cris du c?ur des mères et des épouses des détenus de Guerrara à Oued Souf, qui ont organisé le 19 novembre dernier une marche à travers les artères de leur ville, voilà que des mères et épouses de détenus de Ghardaïa à Sétif battent le pavé face aux grilles du siège de la wilaya jouxtant la bâtisse de la cour de justice. De mémoire d'habitant, jamais des femmes ne se sont ainsi affichées dans les rues.C'est dire à quel point ces mères et épouses souffrent de l'absence prolongée de l'être cher, croupissant depuis le mois de décembre 2013 dans les geôles.Il est vraiment rare que dans une région aussi conservatrice que Ghardaïa, des femmes occupent la rue. En effet, ces jeunes, comptant deux fois deux frères, sont accusés de «tentative d'homicide volontaire» pendant les troubles de l'année dernière, qui ont mis aux prises des jeunes des deux communautés. Ils devaient d'ailleurs comparaître devant le tribunal criminel de Sétif pour répondre de l'accusation de tentative de meurtre. Reporté, le procès s'ouvrira aujourd'hui devant la même cour.«Nous avons été interdites d'accès à l'enceinte du tribunal de Sétif. Même pas un regard après un an de détention, les forces de l'ordre ont été d'une brutalité inqualifiable», affirme la mère de deux jeunes hommes de 35 et 28 ans, figurant parmi les 11 détenus. «Nous irons toutes demain à Sétif et ferons tout pour accéder à la salle d'audience. Pourquoi nous empêcher de voir nos enfants ' C'est inhumain !» ajoute une autre mère de famille, dont l'époux est prisonnier.Stoïques, déployant des banderoles portant des questions telles que : «De quel droit ces accusations infondées '», ou alors «Nous exigeons de libérer des innocents», elles ont attiré l'attention et suscité l'intérêt de tous les passants sur le boulevard du 1er Novembre, le plus grand et le plus important de Ghardaïa. Certains se sont arrêtés pour les réconforter, d'autres ont lu les banderoles.A titre de rappel, ces arrestations ont été opérées après les événements de novembre 2013 à Guerrara après la sortie des supporters du stade de l'Amitié où une rencontre entre deux équipes locales venait d'avoir lieu. Si dans le stade tout s'était très bien passé, ce n'était pas le cas dehors, puisque des affrontements violents se sont produits entre les jeunes des deux communautés, provoquant la mort d'un jeune habitant.Ces violences ont été le détonateur de celles qui ont embrasé la région pendant près d'un an, provoquant 6 autres décès, des centaines de maisons, de commerces et d'édifices publics détruits, tant à Guerrara, Berriane qu'à Ghardaïa. Depuis, la région a été mise sous étroite surveillance sécuritaire avec le déploiement de milliers de policiers et de gendarmes.Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans ce sillage, mises sous mandat de dépôt et transférées dans les prisons de Laghouat, Sétif, Oued Souf, Biskra et Saïda et seront ainsi jugées par les cours de justice de ces sièges de wilaya. Ces décisions de dispatching de prisonniers auraient été prises par les autorités pour, nous dit-on, d'une part, séparer les prisonniers, et, d'autre part, éloigner ceux-ci du lieu de résidence pour éviter que leurs proches assiègent leurs lieux de détention et surtout de leur jugement in situ.


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