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Les "mains" non étrangères de Ghardaïa



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Lorsque le ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaïz, déclare «qu'il n'existe aucune preuve tangible pouvant confirmer l'implication de mains étrangères» dans les troubles que vivent les citoyens de Ghardaïa, il ne dément aucunement cette implication. Il porte la voix officielle qui se doit d'être précise en ne se prononçant que sur des faits dûment établis. Or, et chacun le sait, il est pratiquement impossible d'obtenir des preuves d'une implication étrangère dans les affaires intérieures d'un pays. D'ailleurs, lorsqu'on parle de «mains», c'est prendre le problème à l'envers. Sachant que la «main» exécute ce que la «tête» planifie. Dans le cas présent, c'est de «la tête étrangère» qu'il s'agit. Surtout que le ministre a ajouté «qu'il y a des mains non étrangères à l'intérieur du pays qui, peut-être, cherchent à pousser vers le pourrissement de la situation». Il est clair que les casseurs sont identifiés par les services de sécurité. La «main» est plus identifiable que la «tête» qui n'est jamais sur le théâtre des opérations. Ceci pour dire que les propos de Belaïz sur les auteurs des troubles qui secouent Ghardaïa ne confirment ni n'infirment l'existence d'une partie étrangère. Pour peu que l'on sorte des exigences du discours officiel, il y a plus de chance de voir plus clair. Dans le Sud et avant Ghardaïa, il y eut des troubles à Laghouat puis à Ouargla. Comme il y en a eu un peu partout dans tout le pays. Le bilan de la gendarmerie a fait récemment état d'un millier de mouvements de contestations à travers le pays durant l'année écoulée. On observe que partout ces mouvements exprimaient des revendications sociales sauf à Ghardaïa où aucune revendication n'a été clairement émise par les fauteurs de troubles. Ce qui a conduit tout le monde à la facilité de les attribuer à des considérations ethnico-religieuses. Même en raisonnant a minima, il est impossible d'éviter cette question: pourquoi maintenant alors que la ville de Ghardaïa vit avec la même composante humaine depuis des siècles sans aucun problème' En cherchant bien, des pistes apparaissent. C'est une ville du Sud. Dans cette même et vaste région qui a vécu l'attaque terroriste de Tiguentourine. Dans cette même et vaste région où nos frontières avec les pays du Sahel s'étendent sur des milliers de kilomètres. Un Sahel qui a failli devenir le sanctuaire des terroristes, mais qui reste, malgré leur déroute, une zone géographique instable. Surtout que le Mali n'a pas encore aplani tous les problèmes de ses citoyens et particulièrement de ceux du Nord de son territoire. On peut remonter encore plus loin et jusqu'aux accords d'Evian pour rappeler les vaines tentatives françaises d'amputer notre pays de toute sa partie Sud. Si l'on ajoute à cela les problèmes sociaux qui sont réels cela donne de multiples «niches» qui forment le terreau idéal à tous ceux qui veulent créer la fitna et replonger une nouvelle fois les Algériens dans les années 1990. Il est impossible que les Algériens puissent être devenus masochistes et vouloir revivre une autre décennie rouge de sang et noire de ténèbres. Il est clair que les commanditaires sont toujours à l'abri du feu. Il est bon de rappeler que c'est de l'étranger que nous avons reçu plus d'une fois la promesse de nous replonger dans le désordre. D'être revisités par le «printemps arabe». Il n'y a plus de naïfs, chez nous, pour croire que les pays arabes touchés par ce «printemps» l'ont été par l'éveil de conscience collectif et spontané de leurs peuples. Résultat des courses, il ne reste plus que les traîtres, comme il en existe dans tous les pays, pour prêter «main» forte à une partie étrangère qui veut détruire le pays. Notre histoire, jonchée de martyrs, témoigne que nous les avons déjà combattus. A l'évidence pas assez!


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