
Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s'est déplacé, hier, à Ghardaïa. L'objectif premier, voire le seul, de cette visite est de rassembler des éléments qui aideront à mettre fin définitivement à la situation tendue et explosive dans cette ville. Le gouvernement «trouvera, dans les tout prochains jours, la solution définitive, de la meilleure manière et par le dialogue, à la situation qui prévaut à Ghardaïa», avait promis M. Sellal, la semaine dernière, aux parlementaires lors de la présentation de son programme d'action. Mais quelle sera donc cette solution qu'on n'a pas su voir depuis plus d'une année que durent les affrontements entre groupes de citoyens et/ou émeutiers et forces de sécurité, avec pertes humaines et matérielles ' Le Premier ministre affirme qu'elle «n'est pas sécuritaire». Pour le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, elle n'est pas plus religieuse ou confessionnelle. Soit. Elle serait donc socioéconomique ' Non plus. Ghardaïa connaît certes des problèmes de chômage, de logement, de bureaucratie, de manques dans les domaines de la santé, de l'éducation..., mais pas plus que les autres régions du pays, surtout du Sud. Quelle est donc l'origine de la crise ' M. Aïssa accuse ouvertement des «parties étrangères qui tentent d'attiser la situation en utilisant la religion et la spécificité confessionnelle (ibadites et malékites) de la population». M. Sellal a également pointé du doigt des ONG étrangères qui sont présentes à Ghardaïa et man?uvrent dans l'ombre pour semer la discorde au sein de la population. D'autres observateurs, dont des élus locaux et des habitants de la région, parlent de groupes maffieux et de lobbys de la contrebande auxquels l'anarchie profiterait. L'ingérence suspecte des ONG et les actions de groupes criminels ne relèvent-ils pas du domaine de compétences des services de sécurité et de renseignements ' La solution est d'abord sécuritaire. Elle connaît d'ailleurs un début d'exécution prometteur avec l'arrestation et la traduction devant la justice des fauteurs de troubles arrêtés en flagrant délit. Toute autre solution ne pourra être appliquée avant le retour de l'ordre et la sécurité dans la région, lesquels ne seront garantis qu'avec le retour de l'Etat, dans toute sa puissance et son impartialité. Ce n'est pas en arrondissant les angles d'une situation dangereuse ou en s'interdisant de nommer les problèmes qu'elle pose par leurs noms, qu'on amoindrira son importance et, encore moins, qu'on aboutira à une solution adaptée. Il ne s'agit pas plus de se tromper de cibles ni de priorités comme le fait M. Aïssa qui accable le secteur de l'information auquel il demande de ne pas amplifier la situation. De plus, le ministre semble oublier que le secteur de l'information, depuis l'avènement des réseaux sociaux, n'a plus l'impact qu'il avait et qu'on lui prête. D'ailleurs, la majorité des images des émeutes à Ghardaïa, dont celles des dépassements de certains représentants de l'ordre, ont été diffusées par ces réseaux. Si l'Etat réussit à imposer l'ordre et à faire régner la sécurité, aucun média ni facebooker ne pourra soutenir le contraire. Et c'est ça la priorité des priorités.H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com