Un programme supplémentaire
L’annonce de la révision de la Constitution a permis de «débloquer» la situation politique. Les moins aguerris se sont découverts en annonçant une candidature précoce à la prochaine présidentielle. D’autres attendent que les choses se clarifient davantage. Certains se mettront sur la ligne de départ pour «acquérir» de l’expérience, d’autres pour jouer aux trouble-fête, quitte à alerter l’opinion internationale sur les éternelles dérives. Les premiers échos, à l’annonce de la révision, ont été certes favorables, mais il demeure que certaines formations ont émis un «oui, mais» flou qui leur permettra de se démarquer de la position collective tout en applaudissant. Qu’elle soit partielle ou «totale», et même si le président n’a pas opéré les changements, «en volume et dans la profondeur, comme il l’aurait souhaité», le principal a été fait dans la mesure où seule la suppression de la limitation des mandats «compte»; quitte à soumettre à référendum populaire, plus tard, les «profonds» et «volumineux» amendements qui «dérangent», puisque la Constitution n’est qu’une œuvre humaine perfectible au gré de circonstances sujettes à changement. Fait du hasard, les catastrophes naturelles qui ont frappé le tiers des wilayas du pays ont brusquement pris valeur de défi. Les mêmes mesures dont a bénéficié la wilaya de Ghardaïa sont étendues à quatorze autres wilayas, ce qui «crée» de facto un «programme électoral spécial» sur lequel sera jugé, involontairement, Bouteflika qui met en jeu sa crédibilité en promettant le relogement de tous les sinistrés, la construction de nouveaux établissements scolaires pour pallier la défection de ceux démolis et la reconstruction d’ouvrages, de ponts et la réfection des routes désaffectées. Tout un programme qu’il sera difficile de réaliser avant la fin de l’année. De par sa spécificité et son poids économique, culturel et ethnique, Ghardaïa sera la wilaya de référence qui servira à étalonner l’avancement du chantier, à évaluer la concrétisation des promesses faites, et servir d’alibi électoral; s’il est permis de s’exprimer ainsi. Le même effort devra être développé pour rétablir la situation dans des dizaines de communes du pays. Un challenge fou qu’il faudra conjuguer aux promesses électorales de 2004 qui ne devraient pas connaître de grosses difficultés de réalisation.
Même s’il n’en a jamais manqué, le gouvernement a du pain sur la planche. Le semestre à venir est capital pour la campagne présidentielle car les prétendants à la magistrature suprême –particulièrement ceux qui n’ont pas de bilans à présenter- axeront certainement leurs discours sur les défaillances éventuelles et le manque de résultats de l’équipe en place. Aux ministres, qui désirent battre de nouveaux records de longévité, de montrer qu’ils méritent une titularisation indiscutable. La mise hors jeu du peuple, concernant la révision de la Constitution, peut être mise à profit là où les promesses n’auront pas été tenues.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com