Pour cette rentrée scolaire 2009/2010 à
Ghardaïa, ils seront 44.700 élèves du primaire, dont 6.640 nouveaux inscrits,
34.900 du moyens et 13.000 du secondaire à retrouver les bancs des écoles,
collèges et lycées de la wilaya.
Ils
auront à leur disposition 229 établissements scolaires et 3.890 enseignants
tous statuts confondus, pour leur inculquer le savoir. La rentrée scolaire,
c'est en fait une grande date, non seulement dans la vie de l'enfant mais
également dans celle des parents. D'autres personnes adultes vont représenter
pour «Le petit ou la Petite», la puissance et la sagesse. Il n'y aura plus
seulement Papa et Maman pour juger ses actes, les punir ou les récompenser,
mais un «maître ou une maîtresse». Et, aux yeux de cet étranger, l'enfant ne
bénéficiera d'aucun traitement de la faveur, d'aucune sympathie particulière.
Il ne sera qu'une simple brebis du troupeau et non plus l'unique et précieux
agneau. C'est une nouvelle page de vie que l'on tourne dans chaque foyer
d'écoliers. Cependant, une certaine appréhension peut saisir ceux qu'attend une
expérience scolaire nouvelle. C'est à nous, parents, de la dissiper et nous ne
le ferons que dans la mesure où nous envisageons nous-mêmes le rentrée dans une
optique constructive. Il est humain que les parents aient une tendance à
considérer leur progéniture comme la plus gracieuse, la plus intelligente, la
plus raisonnable qui soit. Mais cette admission naturelle ne doit pas susciter
en eux une animosité marquée contre quiconque n'abonderait pas dans le même
sens. Or, l'école est le lieu idéal des comparaisons.
Tel
enfant qui semble un phénix à la maison, n'est, tout compte fait, qu'un esprit
d'une bonne moyenne, inférieur même à certains camarades plus remarquablement
doués. Hélas ! Les parents admettent mal qu'on détruise leurs illusions et il
n'est que trop facile de prétendre que de mauvaises notes trahissent, à coup
sûr, un parti pris de l'enseignant, une injustice flagrante au bénéfice des
premiers que l'on qualifie aussitôt de «chouchous». De là, à faire au sujet du
maître et devant l'enfant, des réflexions désobligeantes et même calomnieuses,
il n'y a qu'un pas à ne pas franchir ! De même que le professeur ne doit pas se
permettre de juger les parents devant l'écolier ou l'écolière, père ou mère
doivent s'abstenir de tout commentaire. En cas de conflit grave, une
explication franche s'impose, mais lors de la présence de l'intéressé (e).
Cependant, nous nous réjouissons, «grâce à Dieu», d'avoir mis au monde un
enfant intelligent, doué. Tant mieux pour nous ! Mais croyez-vous que si le
Maître ne savait pas extraire de cette semence le bon grain pour le faire
lever, notre petit réussirait aussi bien ? Son succès est certes dû à son
implication mais aussi à la somme de travail que l'enseignant a dû fournir pour
lui inculquer les meilleures leçons. Nous devons donc lui en savoir gré et
surtout apprendre à l'enfant à lui en avoir de la reconnaissance. Un enseignant
ou enseignante n'est pas l'être que l'on peut chahuter : il est celui que l'on
doit respecter, saluer et aimer. Et c'est nous, parents, qui pouvons obtenir ce
comportement, tout naturellement. N'acceptons pas non plus que notre écolier
vienne nous faire des doléances ou se plaindre d'une quelconque sévérité qui
peut lui paraître excessive.
Justifions cette attitude à ses yeux, d'autant plus que dans
quelques semaines, une fois l'autorité bien établie, la confiance et la
discipline plus facilement maintenues, les autres qualités du Maître lui
apparaîtront et modifieront ce jugement hâtif. Ce qui signifie qu'il n'est pas
rare de voir en début de l'année devenir ensuite, de l'avis de toute la classe,
le plus respecté voire le plus aimé. En outre, il faut éclairer le professeur
sur la nature de l'enfant, sa santé, son caractère. Cela lui est indispensable
pour ne pas commettre d'erreur. Ce qui signifie qu'un enfant qui n'entend pas
bien peut paraître distrait, celui qui souffre d'une vue déficiente peut
sembler inintelligent, etc... Et cela, d'autant plus que le Maître qui se
trouve à la tête d'une quarantaine d'élèves à instruire, dans une durée du
cours réduite, n'a évidemment pas le temps de les étudier cas par cas et de
découvrir si celui-ci a besoin d'être stimulé par des encouragements ou si
celui-là doit être réprimandé dès qu'il relâche ses efforts. Il n'est pas de
mère qui ne trouve les mots à dire et les gestes à faire pour que la rentrée
des classes se fasse sans bouleversement, tant dans le coeur de ses enfants que
dans le cours de la vie quotidienne. Elle saura accueillir son petit écolier,
sa petite écolière rentrant de l'étude, non pas avec un visage marqué de
lassitude, mais plutôt avec un bon sourire réconfortant. Ce sourire que rien au
monde ne peut remplacer pour aider «ces petits et petites» à devenir les hommes
et les femmes de demain. La rentrée scolaire à Ghardaïa s'annonce donc bonne, à
condition que cette Grippe AH1N1 ne viendra pas mettre du sien, au sein des
établissements scolaires.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aïssa Hadj Daoud
Source : www.lequotidien-oran.com