Effrayants sont les chiffres enregistrés
par les services de la Protection civile relatifs aux décès dus aux accidents
de la route de ces derniers temps dans la wilaya de Ghardaïa. C'est le constat
amer tiré des bulletins quotidiens de renseignements établis par la direction
de l'organisation et de la coordination des secours pour ces trois dernières
semaines. Plusieurs équipes d'intervention sont à pied d'oeuvre pour aller au
secours des citoyens en détresse, et ce à travers les différentes communes de
la wilaya.
Ainsi, nos sapeurs-pompiers, toujours les premiers présents sur le
terrain, affrontent chaque jour la mort. Un spectacle auquel ils ne
s'habitueront jamais : des corps ensanglantés, tendus à même le bitume ou
coincés dans des véhicules transformés en un tas de ferraille. Les
interventions durent parfois des heures et exigent souvent plusieurs équipes.
L'évacuation des victimes n'est pas une mince affaire pour nos sauveteurs qui
ne travaillent pas toujours dans de bonnes conditions.
«Notre hantise, c'est de maintenir en vie les victimes gravement
atteintes jusqu'à l'hôpital, ce qui n'est pas toujours évident. Il faut tenir
compte du trafic routier. Parfois, on s'empêtre dans une circulation monstre.
Rouler vite sans faire trop de dégâts et, surtout, ne pas provoquer d'autres
accidents. Arrivés à l'hôpital, c'est une seconde épreuve qui nous attend.
Cette fois, au pavillon des urgences, c'est un véritable parcours du combattant
que celui de faire admettre nos blessés à la salle où ils doivent recevoir les
premiers gestes qui les sauveront éventuellement d'une mort certaine»,
témoignera le chef de service des sapeurs-pompiers, M. Hadj Amar Abderrahmane,
passionné par son métier.
Il
y a les fous du volant, mais aussi les inattentifs aux risques de tous genres.
Les asphyxies, les tripatouillages des fils électriques, les baignades
dangereuses dans des oueds et dans des puits, etc... L'ambiance est au
farniente, le terrain est envahi par des milliers de «bricoleurs» qui
surestiment leur intelligence et sous-estiment celle pernicieuse des grands
risques. Et lorsqu'on ne les respecte pas, on se fait souvent piéger par ses
accidents souvent mortels.
C'est à travers l'ensemble des communes aussi qu'ils sont
omniprésents. Leurs interventions ne se comptent plus : 463 déjà depuis le 1er
janvier à ce jour. Si le nombre des accidents de la route nous paraît énorme,
ceux des noyades, des électrocutions et des asphyxies en ce moment sont des
plus alarmants. Deux pauvres jeunes, dont l'âge ne dépasse pas la trentaine,
viennent de mourir la semaine dernière : le premier par asphyxie à El-Atteuf,
le second par électrocution à Daïa Ben-Dahoua. Ce qui malheureusement allonge
la liste des décès à 18 personnes rien que pour ces trois premières semaines de
la nouvelle année 2010. Pour les baignades dans des oueds ou les suicides dans
des puits, là aussi des équipes accompagnées de plongeurs explorent les
profondeurs pour repêcher les corps. Les opérations durent parfois plusieurs
heures, voire plusieurs journées. Les victimes sont souvent dans un état de
putréfaction avancée et difficilement identifiables. Mais quel bonheur quand
ils repêchent certains de ces aliénés encore en vie.
Au
titre des asphyxies à travers la wilaya de Ghardaïa, il a été enregistré 39
décès en 2008, 5 décès en 2009 et 1 décès en ce début 2010. Impressionnant donc
ce phénomène des accidents de la route et des bavures domestiques qui se
généralisent dans toutes les communes de la wilaya de Ghardaïa, comme se
généralisent aussi le chômage, la misère, le mal-être et la mal-vie.
Dur, dur donc d'être pompier mais fier de cette noble mission :
toujours présents pour secourir les autres. C'est dans ce contexte d'ailleurs
que le nouveau directeur de la Protection civile de la wilaya de Ghardaïa, M.
Brahim Mohamedi, a eu cette bonne initiative d'organiser dimanche matin une
rencontre régionale en présence du wali de la wilaya de Ghardaïa, M. Yahia
Fahim, et de son secrétaire général, M. Boulatika Ali. Sept wilayas du sud du
pays (Ghardaïa, Adrar, Ouargla, Biskra, El-Oued, Illizi et Tamanrasset),
représentées par leurs responsables des statistiques et de l'information,
adhèrent à cette rencontre régionale ayant pour thème : l'évaluation des
travaux des équipes d'intervention et l'établissement d'un schéma de wilaya en
matière d'analyse et de couverture des risques majeurs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aïssa Hadj Daoud
Source : www.lequotidien-oran.com